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Voxlatina.com

Auteur: François GAUTHIER 

Date:   04/01/2003 08:11

L' AFFAIRE MICHAUD

Gifler le chef du parti : pour qui se prennent-ils? Alors, le caucus du Parti Québécois a préféré gifler le chef du parti Bernard Landry plutôt que de régler l'affaire Yves Michaud. Difficile de savoir tout ce qui s'est dit dans ce caucus, mais les paroles attribuées à Facal, Legault, Simard et autres seraient corroborées de plusieurs sources et les auteurs de ces paroles ne les renient pas. Peu importe la nature de ces paroles, il n'en demeure pas moins que Michaud a été condamné sur un ouï-dire, je le répète sur un ouï-dire. Marc Angenot professeur à la McGill University a prétendu sur les ondes au cours d'une émission de Pierre Maisonneuve que Michaud avait tenu des propos antisémites devant la commission Larose. Suite à cette émission, de nombreux médias se sont faits l'écho de cette prétention de Marc Angenot de telle sorte que les députés de tous les partis ont voté à l'Assemblée nationale une condamnation des supposés propos d'Yves Michaud. Cela se passe en décembre 2000. Ni les médias qui se sont faits l'écho des accusations de Marc Angenot, ni les députés de l'Assemblée nationale n'ont pris la peine de vérifier la validité des accusations d'Angenot. Les députés siégeant à l'Assemblée nationale ont pris les prétentions de Marc Angenot pour un fait avéré. Les journalistes qui ont répété les accusations de Marc Angenot répandaient un ouï-dire. Les députés qui ont condamné, condamnaient sur un ouï-dire. Depuis, la preuve a été faite que Michaud n'a jamais prononcé de paroles antisémites devant la commission Larose et toute personne de bonne volonté peut vérifier cette preuve. De surcroît plusieurs associations de comté du Parti Québécois ont réclamé, en vain jusqu'à présent, que la majorité péquiste à l'Assemblée nationale répare cette erreur envers un souverainiste dévoué, grand défenseur et amoureux de la langue française. Mais une majorité des députés du Parti québécois s'entête à maintenir la condamnation publique de Yves Michaud au lieu de reconnaître l'erreur, maintenant vieille de trois ans, comme s'il s'agissait d'une banalité qui sombrerait dans l'oubli. Mais il ne s'agit pas d'une banalité et cette affaire ne sombrera pas dans l'oubli. Il y a quelques jours, le journaliste Don MacPherson du journal The Gazette permettait encore de prétendre que Michaud était antisémite. La répétition à outrance de pareille accusation mensongère serait-elle une banalité? Les adversaires de notre émancipation collective peuvent-ils impunément dénigrer à répétition nos plus dévoués défenseurs? Quand ce n'est pas les journalistes et éditorialistes qui le font eux-mêmes, ces médias publient les lettres de citoyens qui le font ou, à la radio, laissent répéter de telles accusations dans les émissions de lignes ouvertes, sans apporter de correctifs souvent en les applaudissant. Les adversaires du peuple québecois répètent à volonté que des Québécois respectables seraient antisémites et les députés du Parti Québécois, au lieu de se porter solidairement à la défense d'un souverainiste reconnu et injustement accusé, se font les serviteurs de ces prétentions. Ne comprennent-ils pas que tout Québécois souverainiste en vue est susceptible de pareille accusation? René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry ont TOUS été accusés de racisme ou de nazisme dans les médias anglophones, cela à moulte reprises. Les Facals, Legaults et Simards aussi y passeront à leur tour lorsque cela fera l'affaire des anglophones de les accuser à tort ils n'y échapperont pas. Devrons nous réserver pour demain à Facal, Legault et Simard la médecine qu'ils administrent aujourd'hui à Michaud, les abandonner à leur tour, faire semblant de ne pas voir l'injustice, ne pas agir solidairement face aux abus des adversaires de notre projet collectif? Il y a dans la députation un grave problème d'éthique. Ces députés qui s'opposent au règlement de l'affaire Michaud, qui ont condamné sur du ouï-dire aimeraient-ils que leur fils ou leur fille soit condamné sur du ouï-dire? Le ouï-dire est une plaie sociale que les règles de preuve des cours criminelles rejettent avec sévérité. Mais nos députés n'y verraient pas de plaie sociale? Quel vide intellectuel? Quel manque d'humanisme ! Quelle éthique viciée ! Serait-ce aussi de l'orgueil? Un refus de reconnaître avoir erré? Tout le monde a droit à l'erreur. L'humilité qui permet de reconnaître ses erreurs est aussi une valeur éminemment respectable. Par contre l'orgueil et le refus de reconnaître ses erreurs éveilleront toujours la méfiance du peuple. Quand je lis dans les journaux que le droit de Yves Michaud à la justice importe peu parce qu'il serait prétendument un petit napoléon, cela signifie qu'on accepte qu'il soit condamné pour une raison qui n'a aucun rapport avec l'acte d'accusation. Aussi bien alors dire qu'on condamne non pas pour les actes posés mais pour la couleur de la peau, pour la religion d'appartenance ou la langue d'origine ou parce qu'on n'aime pas la face de quelqu'un... À la honte de la condamnation de Michaud sur du ouï-dire s'ajoute maintenant la honte de condamner pour des raisons qui n'ont aucun rapport avec les actes posés. Il y a au Parti québécois des députés qui sont tellement déconnectés de la justice naturelle et élémentaire qu'ils sont EUX une HONTE pour leur parti. Ces députés ne sont pas à l'image de René Lévesque fondateur du parti, un être fondamentalement épris de justice. Le peuple québécois aimait Lévesque et lui faisait confiance parce que son peuple le savait épris de justice. Les problèmes du Parti québécois ne viennent pas seulement des médias au service du pouvoir Canadian. Les problèmes du Parti québécois viennent aussi des députés et de leurs conseillers qui n'ont pas le sens de la justice élémentaire. Cela le peuple le sent et le signale en refusant sa confiance. Certains disent avec raison que faire la souveraineté c'est une affaire de dignité collective. Je vous dirai que la dignité cela commence avec notre propre dignité qu'on exerce en respectant la dignité des autres. Personne ne mérite une condamnation de ouï-dire. Mesdames et Messieurs les députés, sortez de votre tour d'ivoire. Quel respect montrerez-vous pour Yves Michaud? Remettez-vous en contact avec la simplicité et la justice. C'est plus que la personne de Yves Michaud qui est en cause, c'est l'avenir de notre peuple qui est en cause. L'avenir de notre peuple dépend de votre capacité de régler avec humanisme les problèmes de société. L'affaire Yves Michaud n'est qu'un des problèmes de notre société. Si vous n'êtes même pas capable de régler un problème aussi simple que celui-là comment pouvez-vous prétendre faire la souveraineté?

 

Le peuple vous regarde et c'est lui qui décide où il met sa confiance .

François Gauthier, président

FFI-QUÉBEC

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