DÉDICACE DE FÉLIX LECLERC, 8 mars 1980:
" Jamais ne sera plus Grand que celui qui a écrit, emprisonné en octobre 70 avec 'son sang' poésies aussi vibrantes et universelles!"


KEBEKALYPSE 3   Poésies   J M Rioux  Août 98

          DÉDICACE


Je dédie le présent Recueil à ma fille
Sabrina que j'adore!
Je remercie très sincèrement mon ami
Raymond Carufel pour les conseils,
l'aide et les encouragements fournis.

Jean Marc, dit " Médium " pour les intimes!
     


 
                                                

                                     

KÉBEKALYPSE version 1, octobre 1970

INTRODUCTION

" Quand je parle de moi, c'est de Toi que je parle! "
                                 V. HUGO


QUESTION:
Kébekalypse, ce néologisme annonce-t-il un recueil
poétique ou les phantasmes d'un écrivain illuminé? 
Pourquoi cette synthèse des mots: Québec et
Apocalypse?
RÉPONSE:
Il est difficile pour un écrivain québécois de sortir
des ornières battues.J'ai écrit et même publié
dans le passé, quelques livres, articles de journaux
recueils de poésies, essais littéraires, contes etc., sous
différents noms ou pseudos. J'ai milité durant
plusieurs années comme militant populaire et durant
des lunes, j'ai oeuvré aussi en parapsychologie
appliquée, en ésotérisme et en médiumnité dans la
région de Québec. Je suis fondateur, en 1994, de
plusieurs coops d'habitation, et du mouvement
comunautaire FRIC, association vouée au
regroupement et à la défense des travailleurs (euses)
non syndiqués (es) du Québec.
Sous la pression de plusieurs amis, j'ai compilé mes
meilleures poésies ou du moins, celles qui me
semblent l'ëtre. Un théme revient plus ou moins
symboliquement dans ce recueil: l'Apocalypse
quotidien vécu par l'homme ordinaire ou par des
éléments de l'Etre Collectif québécois. Cet Kébekalypse,
des millers d'hommes, de femmes et d'enfants, l'ont
vécu ou le subissent encore, alors que d'autres se
sécurisent dans leur " Silence " ou se vautrent dans
des activitès abjectes d'Exploitation ou de Répression.
Pourquoi ce sadisme méconnu mais planifié existe-t-il?
Peut-être, parce que les rëveurs d'un Monde Nouveau
èpanouissant pour l'individu, pour une collectivité ou
pour toute l'Humanité, sont-ils porteurs d'un message
d'espoir perçu comme dangereux pour les classes
possédantes ou aliénantes et leurs suppôts béats et
inconscients!
Ce recueil se veut témoignage symbolique d'un militant
parmi d'autres. Selon moi, il ne peut y avoir de création
poétique valable sans un engagement authentique de
l'individu-poète dans son environnment.
Certains sous-thémes en "clair-obscur" explicitent cette
approche:  dénigrement de l'amour bourgeois, de la
sexualité bourgeoise, de la liberté bourgeoise,
aspiration légitime à la Révolte sinon à la Révolution
sociale, sympathie vis-àvis des peuples opprimés et des
militants opprimés, dénonciation de la classe supérieure
capitaliste et d'une certaine technocratie inféodée et
inconsciente, foi dans le devenir de notre Nation et de
l'Humanité, rejet de tout mysticisme incohérent, crainte
de l'auto-destruction de l'Homme, vision de notre monde
et de l'Univers Nouveau qui devrait à long terme le
remplacer.
La totalité des vers libres de ce recueil sont de facture
québécoise.

              VIVE LE QUÉBEC,
              VIVE LES TRAVAILLEURS (EUSES)

              Jean Marc Rioux,
              novembre 1970 ( 1ère édition )
              octobre 1984 ( 2ième édition)
              août 1998 ( 3ième édition )
                                                                                                                                    

 

 

 


                               KÉBEKALYPSE

                         Québecalypse
        

Durant l'été d'hiver
Entre deux chënes qudri-centenaires
               

Le vent gris blanc
Crachait ses spirales aérorifères
ur les beaux
Et nus corps
Des révolutionaires québécois
Souriant en observant
L'ombre funeste
Projetée par la feuille d'érable
Au dard tranchant
Made in Trudeau
Qui exhalait une odeur
                De sang innocent....
                ...MURMURES...CRIS...
                Larmes...Odeur de Poudre
               Sur plusieurs monts Calvaire...
               Pourquoi n'a-t-on pas compris
               La Voix des prophètes
               Qui déclamaient dans l'Espace-Temps
                 Les versets Noirs et Rouges du Coran Nouveau?
                            JMR  OCTOBRE 70
                                                         


KÉBEKALYPSE

   Le Chat 

 

Bonjour, souris blanches, souris grises
Bonjour, approchez.
Bonjour, vous êtes délicieuses
vous êtes juteuses
Bonjour, venez
Bonjour, que je vous dévore
nues, je vous aime
Bonjour, merci pour votre Beauté
merci pour vos laideurs cachées
Bonjour, mes Belles
Bonjour, mes petites
qui n'êtes plus que doux mium-mium...
                                                                                                                    

 

               
 


KÉBEKALYPSE

             Joyeux Noël! Camarades!


            Prolétaires québécois! Ave et Kairè!
            On fête encore votre exploitation!
            On vous invite à la Belle Fête
            Mais or et argent des Capits-Hommes
            Luisent,grincillent et résonnent
            Sous le couvert des cloches
            Au bruit clair et plein d'espoir
            Joyeux Noël quand même
           Chers camarades, qui souffrez en Orient
           Qui riez en Occident, savourant dindes et choco
           Car Kristos, l'Illustre Révolutionaire
           Pourfendeur des vendeurs du Temple
           Renait depuis deux longs millénaires
           Sans emporter cadeaux de Justice-Fraternité
           Sans donner jolies et désirées Bébelles
    De Liberté-Égalité et d'orange Hypercommunication
              À Santa Clauss, aux joyeuses fées
          Et à tous les ëtres planétaires.
          Triste Noël, peut-être, camarades!
          Mais Diable, Pourquoi?
          Parceque: vietnammiens, noirs, jaunes, rouges
          Parce que: ventres creux... Pouriture...Misère
     Parce que: ici-là-bas, détresse, souffrance, pleurs
           Mais Non... 

                                        
                         Joyeux Noël, camarades!
  

 

                             KÉBEKALYPSE

                             GÉHENNE

 

                           Géhenne, de toi, ai peur
                                              Tu es mon moi non admis
                           Tu es les Autres semi-pourris
                                              Tu es Système liberticide
                           Tu es Règne de l'Insecticide
                          

                           Géhenne, de toi, ai horreur
                                               Tu es "aquébeclyptique"
                           Vers toi, je crache ma poésie utopique

                           À toi, souhaite le Bonheur du Malheur
                           Contre Toi, serai toujours créateur
                                   "antigéhennique".


 


 


KÉBEKALYPSE

Héroïne

Héroïne à la langue armée
Rejette une belle épopée 
Destin choque son Éros
Héroïne fuit vers l'Inconnu,
Course au départ perdue!
Elle languit dans les pleurs,
Sa vie oscille vers d'impaccables heures,
Héroïne rit-pleure à Demeure,
En les ruines d'un faux Bonheur

  


KÉBEKALYPSE

   Hiver


Lu- Lumière violente sur noir
Vi- Vierge sanglante sur Blanc
Frrö- Froid avec neige
Cli- cliquetis des clochettes de rennes
Et à la lueur d'une mèche
L'Enfant dans la crêche
Qui sourit aux fils d'ouvriers, de reines
Et filles de paysans.
Hur- Hurlements à la lune
Un bouleau à la dûne
Cris, larmes, grincementsincementsAccompagnent dans le vent
Les premiers ou les derniers brins de paille blancs.
Os, os verts sous givre
coupés par gens ivres
ivres de voir et revoir
Le brun, orange, et vert "68" PRINTEMPS.

 


  

 

 

KÉBEKALYPSE

   PYRAMIDES TRONQUÉES


Le loup hurle à la lune
Son amertume sur la dune.
Pour qui ce froid univers
Cloisonné de pyramides tronquées
d'alvèoles truquées
Pour bourdons sans abeilles?
Pour ces êtres en devenir
sans antennes turquoises!

PLEURE, Mon Loup, PLEURE...
  

 

KÉBEKALYPSE

   AUGUSTE EXTASE

Plantes folles, herbes vertes, pissenlits jaunes
Maisons grises, châteaux bruns, rues cendrées
Arbres, fumée, enfants, adultes, chiens, grenouilles
Vous êtes là, flamboyant sous l'Oeil-Étincelle.
Vous pincez mon regard
                     irrémédiablement
                          voilé...
Cris, rires, je vous entends
                      mais je souffre
                        de ne vous VOIR....
Par Bits, je suis fustigé
                    car la fourmi là-bas
                                      dans la jungle des herbes molles
                            jouit de l'Auguste Extase
                     Et n'entend pas pas la voix de mon pressant
SILENCE-EN-ENCE. 


KÉBEKALYPSE

   ILS ÉTAIENT FOUS


Ils étaient fous les philos du XVIIIe
Ils étaint fous les révos de France
Ils étaient fous, Einstein, Pasteur
Ils étaient fous, Freud, Verlaine, Rimbaud
Ils étaient fous, les révos bolchés et les chinois maos
Ils étaient, sont, seront fous en tout temps
Amis de Liberté
Copains d'Égalité
Aaint, ont, auront tout perdu
Sauf la substantifique Moëlle
              Raison 


 

 

KÉBEKALYPSE

   POUDRERIE


Que tu es belle, Ô Ma Bien-Aimée
Tu es le saphir des Saphirs
la fée du Paradis vert.
Princesse du pays de Séhérazade
Langoureux tropisme,
Pourquoi jettes-tu cette poudrerie
de lettres mortes et ternes
( l-i-b-e-r-t-é, j-u-s-t-i-c-e, é-g-a-l-i-t-é )
Pourquoi ton sourire d'Égypte
s'évapore-t-il dans le vague des mots sans visage?
 


 

 

 

KÉBEKALYPSE

   JE TE SENS

Je te sens
        Insensiblement
Je te sens
Adorablement
Pénétrer en moi
La Belle des Belles
Je te sens
Jouir de moi
Pluie de la Nuit
Je te sens en moi et moi en Toi
Expliques-moi!


KÉBEKALYPSE

   Oui Toi


OUI TOI,
              Tu seras à moi
Oui, toi
              Tu ne seras plus toi
Oui, toi
              Tu respireras de nouveau
              sur le bleu bâteau
Oui, toi
    Tu te métamorphoseras en moi
     et moi en toi
     Par l'ultime acte de foi
En la nature
      sans verdure
au rire 
         sans sourire.
 
 

 

 

 

 

 

 

 



KÉBEKALYPSE

   La Belle


Royaume des plaisirs exquis
Amour aux désirs secrets
Yole projetée dans le Noir-Vague
Miracle de chaleureuse beauté
Onde qui néantise mon âme
Nudité rouge sèchant les pleurs des crocodiles verts
Déesse, fille de Diane la Nuit
Écoute ma tristesse, La Belle!
 

 


                  KÉBEKALYPSE

             IMMENSE PHALLUS ROUGE

                      Derrière les monts qui ne bougent
                      Mes yeux contemplèrent
                      l'immense Phallus Rouge
                      lance apocalyptique
                      lancée dans le firmament Azur
                      Je vis le Phallus
                                 Fixer l'arbre
                                 et l'arbre fondit
                      Je vis
                                 Le ciel s'embraser
                      Je vis
                                 L'oiseau dire
                      à la grenouille du cloaque
                     " Étrange! Étrange! "
                      Et les chênes sous l'effet du Rouge
                        croassèrent mystérieusement.

                                   


KÉBEKALYPSE

PARADIS OÙ LE BLEU N'EST PLUS LE BLEU

                                       Le soleil se noircit
                                      La pluie se cristallise
                                      Les êtres pourrissent
                                      Moi, seul sur l'île de la Peur
                                      aveuglé par mon incommunicabilité
                                      je ne vois plus ma chair
                          Mes oreilles sont bouchées par la Cire du Silence
                                     Le rose de mes sens n'est plus soumis
                                     à la féérie de la chaleur du jour
                           Je suis l'ombre qui désire pénétrer dans l'ÊTRE
                               Viens Paradis! où le Bleu n'est plus le Bleu!
                                     Viens! Paradis! Viens!

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 


  KÉBEKALYPSE

                                 CIEL LABYRINTHE


                                                 Diane, tu fus violée
                                    La projection matérielle de l'Humanité
                                                 t'a caressée de ses ailes
                                                Diane, l'Univers Cosmique
                                                 est-il un ciel
                                    Labyrinthe de Minos sans Minotaure?

 

 

 


                             KÉBEKALYPSE

                              BOURGEON ÉCLOS


                                          Paysanne aux seins nus
                                          Bourgeon éclos d'un Printemps
                                          sans date, sans chiffre, sans fin
                                          Bourgeon-paysanne
                                          volatisé hélas!
                                          lors d'un ciel sans terre
                                         Mes meilleurs regrets
                                         Mes meilleurs souhaits.

 

 

 



ˆ

 

 

                             KÉBEKALYPSE

                                    MAYA


                                      Maya,
                                                 Deux cent globes rouges
                                                  crachant du mercure dôré 
                                                 Deux cent lumières de cristal 
                                                 Expirant la myrrhe et l'encens.
                                                 Des poutres grotesques
                                                 couvertes de velours.
                                                 Mille pièces incrustées
                                       de blanc argent et de jaune ivoire.
                                                 Mille nymphes nues
                                                 jouant, balbutiant
                                                dans l'odorant lait de chèvre.
                                     Maya,
                                             Bonheur, Beauté, Jeunesse
                                     Adieu,
                                             Joie, Richesse............... 

 


  KÉBEKALYPSE

                                       Prison

                                      Espoir jaunâtre, je te hais
                                      Espoir, calice de vinaigre, éloignes-toi!
                                      Espoir, prison de palmiers et de cygnes
                                                  dans un océan de tempêtes
                                      Tu es un cilice
                                      Tu tortures l'esprit
                                      Tu amoindris la résistance du corps
                                      Espoir, tu n'es qu'évasion
                                                    Vade Satanas!
                                      Espoir, laisses-moi mourir avec le cygne!
                         Mais si oiseau refuse de cotoyer l'homme atomisé,
                                      PRISON, ouvres tes portes... 

 

 

KÉBEKALYPSE

                              PARADIS PERDU

                                       Elle nichera sur les Andes Blanches
                                      la cité des Sages
                                      Il sera muet le Paradis Perdu
                                      Royaume où l'aveugle voit
                                                       où le sourd entend
                                      Eden où les sens sont inutiles
                                                où la transperception est reine
                                      Elle sera là
                                      la ville des hypercommunicatifs
                                          où la Lumière de l'UN
                                                          pénètre le Deux
                                                          génère le Trois
                                                        sans joie, sans douleur
                                      Elle sera Une par Plusieurs
                                         la polis des Lègendes
                                       Disparu, dans l'Aujourd'hui-Hier
                                        ce doux miel, souvenir dôré
                                       Avenir pour l'âme seule.
 

 

 

KÉBEKALYPSE

                    CIEL NOIR DES DIEUX SANS NOM


                                      Les flêches de feu illuminent la Terre
                                      Le Ciel Noir des dieux sans nom
                                      des archanges bêtes
                                      se masturbant sans honte et sans joie
                                      dans la bouche fourchue d'un gai Satan
                                      répand ses méfaits
                                      sur la matière auto-perceptive.
                                      Les blés brûlent, les cités s'enfoncent
                                      dans le toniturant Océan.
                                      Les vagues envahissent les pâturages
                                     Les nuages se révoltent contre les Hommes
                                      La pensée a créé un volcan de laves
                                      sulfureusement incandescentes
                                      L'Esprit se néantise par rotation,
                                      contraction-centration sur Lui-même.
                                      Le pré-homme n'est plus
                                           Alors que l'HOMME
                                         dans les affres de l'Eutocie
                                       Naissait UN et IMMORTEL.
 


    KÉBEKALYPSE

                       L'INCENDIE DU DIMANCHE


                                      Le Dimanche de la Paix n'existe plus.
                                      Des singes-nus l'ont incendié.
                                      Ils ont jeté de l'essence radio-active
                                      sur la ville nippone.
                                      L'Incendie du Dimanche
                                      devint Sinistre Réalité.
                                      Parties, ces flûtes appelant les cycognes,
                                      Envolé, le bleu du rouge
                                      Déserté, le parfum de la Rose,
                                      Persécutés, les hommes de bonne volonté 
                                                         et de sage pitié
                                      révoltés contre l'Incendie du Dimanche
 

 

 

KÉBEKALYPSE

                              LE VOL DE L'ÂME


                                      Âme, désert des coeurs perdus
                                      enfouie dans les marécages noirs
                                      combien est réconfortante ta chaleur
                                     Lorsque le volcan de l'Amour
                                      tempête dessous les nuages
                                      de l'Angoisse-Spleen Infini
                                      et se dissout dans le Vide Maxi

 

 


 


KÉBEKALYPSE

                  DINOSAURES DE LA NUIT BÉANTE


                                      La fleur trembla.
                                      Ses racines gémirent
                                Ses sens ne perçurent plus le parfum de l'astre
                                      pollué par l'ignoble grogement!
                                      Elle pleura son incertaine solitude
                                      et l'écho des montagnes enneigées
                               jaloux de sa beauté exhalta cette complainte:
                                                  " Tu es perdue, la Belle! "
                                      Elle voulut fuir
                                             Mais Impossible, Impossible!
                                      Elle sentit sans souffrance
                                      les pieds diaboliques
                                      des dinosaures de la nuit béante
                                      catapulter sa verte virginité
                                      vers le Double Zéro,
                                              Décimateur de la Grâce!
 

 

 

KÉBEKALYPSE

                                 ATON DU NIL


                                       Et Akhanaton adora
                                        Aton du Nil 
                                      Et l'Antique Phaaron
                                     épousa la Fleur du Nil 
                                      Et le Fils d'Osiris
                                    contestataire mystique
                                    cria NON au cruel Amon
                                      Et le Fils d'Horus
                                     se fusionna en Aton
                                     dans l'ETRE des ETRES
                                     et chanta sa Gloire 
                                      Eh! Bienheureux Akhanaton,
                                        dis-moi, dis-moi! 
                                      Que faire? Que faire? 
                                      Pour que mon âme évite l'âne 
                                      Et mon coeur se transforme 
                                       dans la Fleur des Fleurs?!

                                                          
             

 

 

   KÉBEKALYPSE

                        JE VOIS TA SUEUR BLANCHE


                                      Tu es venu aujourd'hui
                                           Aleph Infini 
                                      Je vois ta sueur blanche voiler 
                                            ma triste angoisse
                                      Tu as voulu
                                          Point post-dimensionel 
                                      soulever le Bâteau de l'Absence
                                     Je t'ai vu
                                        Grâcieux comme le nénuphar 
                                        Hideux comme le vampire
                                       Tu m'as ému:
                                              Je t'aimerai
                                       Parce que tu me fais peur.

 

 

 

 

 

 

 

 



KÉBEKALYPSE

                              AU NORD DE L'AZUR

                                      Odeur d'essence, brouhaha
                                      Chenilles en macadam
                                 contournant arbres inutiles aux mille abris
                                      Jazz, barbes près de robes
                                      Cris, pleurs, lumières sans feu
                                      Souliers, sexe contre sexe
                                      Couleurs, saletés au pied de Beautés
                                      Langues multiples, chicanes de clochers
                                      Policiers, Pénitenciers
                                  Cols blancs, cols bleus, cols rouges, décolletés
                                  Chats errants, chiens nains, hommes chauves
                                      Femmes nues, autos, motos, tacots
                                      Bébés gros, prolétaires maigres
                                      Tout ça et beaucoup plus que cela
                                      est là-bas
                                      Au Nord de l'Azur
                                      Au Nord du Riche-Pauvre.

 

 

 

 


KÉBEKALYPSE

                            PANACHE DE FUMÉE


                                    Un beau panache de blanche fumée
                                    remplit mon coeur d'une odeur malodorante
                                   Tel un long nuage à l'allure indécente
                                   il bondit langoureusement
                                      sur la ville enchainée.
                                   Il torture l'infortunée de mille caresses
                                      sans remords, sans tristesse...
                                      L'écho du vent nordique
                                      dévoile ses dents sataniques:
                                      cyniquement, il répercute vers nous,
                                      des gémissements timides
                                      et des milliers de petites toux.

                                 Baptiste, porteur d'eau, pourquoi acceptes-tu
                                 tous ces petits coups de fouet qui te tuent?

 

 

 

 

 

 
          


KÉBEKALYPSE

                                         TAUDIS


                                      Un escalier qui s'écroule
                                      un plafond qui tombe
                                      des gens à l'air maboule
                                      des oiseaux dans les combes
                                      de beaux enfants gelés aux visages blêmes
                                      des débris de prélart à couleur crême
                                      des sous-vêtements gris et des bas troués
                           suspendus sur une vétuste corde à linge rouillée
                           des vitres cassées, des murs fendillés et délavés..

                                            Des êtres et des choses enlisés
                                            dans une tacite solidarité
                                            dans une souveraine pauvreté,
                                            cauchemar ou troublante réalité?

                                        On veut rénover ces êtres et ces choses
                                          On veut que tout devienne plus rose
                                            en les intégrant pourtant
                                           dans un système inhumain et dépassé.

                                          Rêve ou écoeurante quotidienneté?
 


                      

 

 

                             KÉBEKALYPSE

                                   CITOYENS

                                     Vous êtes ici 
                                      et moi , je suis là
                                      Vous êtes dans un univers
                                      et moi , dans un autre.
                                      Un voile nous sèpare
                                 Une barrière temporelle se dresse entre nous.

                                      Parfois, une interférence nous réunit
                                      Parfois, un sourire nous unit
                                      Souvent, un même battement de coeur
                                      nous fait goûter la vie.

                                      Mais vous êtes ici 
                                      et moi, je suis là.
                                      Moi, je suis là
                                      dans la contemplation merveilleuse
                          de la finalité grandiose de la Société Humaine.
                                      Vous, vous êtes ici 
                          parmi les hommes et les femmes du triste Présent
                                      Votre voie est la bonne,
                                      mais le sentier est sinueux...

                                      Un savoir intuitif du meilleur Futur
                                      vous donne des ailes.
                                      Moi, j'ai perdu les miennes
                                      à vouloir trop vous survoler.

                                      Le plongeon dans la quotidienneté
                                      émousse ma sérénité.
                                      Un passé personnel et collectif
                                      érode mes élans de volonté...

                                      Non! un éclair vif  
                                      me rappèle que:
                                         Vous êtes ici
                              et moi, je suis meurtri par mes bourreaux liberticides
                                         Vous êtes ici et je suis las et là.

 

                                      Alors, salut citoyens!
                                       Je serai toujours là.

 

 

 



 


KÉBEKALYPSE

                          SOLEIL

               Soleil sur maisons bleus aux toits d'argent,
               Eau jaune, courant, léchant ces rachitiques bouleaux
               aux feuilles couvertes de millons d'épines de pin,
               Je te sens insensiblement, adorablement pénétrer,
              OUI, TOI, Aton du Nil, immense phallus rouge,
              Bourgeon éclos d'un printemps sans date,
              sans chiffre, sans fin.

              Je vois ta sueur blanche, voiler ma triste angoisse
              et soulever le bâteau de l'Absence
              vers un micro-macro cosmos, vers un Inconnu Nirvana
              Nirvana où s'entrechoquent
              dans un absurbe tourbillon,
              les os pourris de ces Stégosaures,
              dinosaures de la nuit bèante;
              où sonne le glas des Contestataires du Mardi,
              révoltés contre l'Incendie du Dimanche
              et la Noyade du Lundi au Nord de l'Azur.

             Azuré Paradis où le Bleu n'est plus le Bleu,
             où le Rouge n'est plus le Rouge,
             Éden perdu, prison de palmiers et de cygnes
             dans un Océan de Tempêtes.

             Ciel Noir aussi des dieux sans nom,
             des archanges bêtes et des obscurs damnés 
              se masturbant  sans honte et sans joie
              dans la bouche fourchue d'un gai Satan.

              Ciel, Labyrinthe de Minos sans Minotaure 
               cloisonné de pyramides tronquées
               pour bourdons sans abeilles.

               Labyrinthe, débouchant à l'imprévu sur kayacks 
               gonflés de Bombes H, sur Spoutniks 
              largant transistors insonores, rubans magnétiques 
              et vomissant une nébuleuse de svatiskas,
             de livres rouges, de dollars-or,
             poursuivie par Poudrerie de lettres mortes et ternes
            ( l-i-b-e-r-t-é, j-u-s-t-i-c-e, é-g-a-l-i-té )

            Lettres qui bourdonnent, qui dérivent vers l'Unique
            Récif-Cube, véritable Kaaba, sur lequel se répand
            éternelle, l'image diffuse d'une scène irréelle:
            un brahmane immobile dans la pénombre,
            louchant un matou gris et miteux,
            à l'Oeil Vert irrésistible, à l'Iris Hypnotique.

         Un HOMME: conscience matérialisée, désintégrée
         néantisée dans son ultime résistance
         à incarner l'Oiseau-Rossignol au cri de clanitette,
         métamorphose improvisée,
         imposée par son Dictateur Calin.
        Un homme hèlas!, hypnotiseur-hypnotisé
         inassouvi dans son inconsciente convoitise
        d'égorger l'Homme-Oiseau;
        désir de vampire, concrétisé par pourlèchement
        de babines, par griffes d'ivoire sur visage tuméfié ,
        Miaou!, et auguste extase!, par dents acérées
        et sanguignolentes dans cou troué 
        d'un moribond stupide, Miaou!,
        par Dents-Poignards Miaou!,
        fruits de l'Hypercommunication incomprise et non admise
       Dents qui déchirent la Peau du Silence 
        et dénudent les Os Divers du Vacarme Réel, 
        Fils de l'Ordre dans le Désordre, frère du Fini 
        dans l'Infini Supra-Dimensionel et de l'Infini
        dans la Diversité, cousin d'un duo de Voix Solitaires
        et Solidaires chantant langoureusement:

       "  Pourquoi Maya? Pourquoi Maïa? "
                  

 

FIN ... Snif...


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