LA GRANDE ALLIANCE

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M. Bernard Frappier de Vigile.net le 27 avril 2004, responsable du seul quotidien indépendantiste du Québec nous a sounmis il ya quelques jours, une magnifique analyse et de superbes propositions qui vont directement dans le sens des finalités du Mouvement Indépendance Québec, qui a toujours défendu âprement le projet de la vaste coalition indépendantiste de tous les mouvements nationalistes et progressistes, afin de franchir ensemble et démocratiquement dans le respect de la diversité inter-mouvements,le dernier droit de notre Indépendance nationale, avant 2010.

 

À LIRE ET À DIFFUSER SUR TOUTES LES LISTES NATIONALISTES ET PROGRESSISTES:


 

 

La "Grande Alliance"

 

En six mois, les Québécois ont porté leur choix sur les trois partis..consécutivement. Ce qui montre un certain désarroi..

 

 

 

Bernard Frappier

 

27 avril 2003

 

 

 


 

Une année turbulente.

 

 

Le peuple québécois a vécu une année turbulente. Pendant l'automne 2002 et l'hiver 2003, l'ADQ régnait en tête des sondages.Puis vinrent les effets du discours de Toronto - aplatissement du monde québécois devant l'idole canadian; ce fut le commencement de la dégringolade.

Les confusions et contradictions pendant la campagne ont fait le reste. L'ADQ a fini avec 18% des votes. Le PQ a pris la tête au printemps.

Ronronnement à tous les échelons du parti et grande confiance de se voir confier l'inaccessible 3e mandat. Puis vint le discours de Shawinigan et l'esquive de B. Landry qui, patri de rectitude politique, a laissé tomber Parizeau de manière veule et sans élégance. Les Québécois n'aiment pas les trouillards. La fragile confiance qui semblait avoir ressoudé les dirigeants de ce parti à leurs militants s'est déchirée de nouveau, et probablement à jamais! Le flou artistique entretenu par le chef sur l'objectif souverainiste - un référendum, pas de référendum, les fédéralistes invités à appuyer le parti souverainiste -, le nébuleux concept de la reconfédération, jamais défini - et pour cause...-, les affaires mal digérées - affaire Michaud, fusions forcées, l'Approche commune -, l'arrogance et les finasseries des dirigeants, tout cela a fini par réduire l'appui nécessaire à la poursuite... incertaine de la lutte pour l'indépendance nationale. L'apparence de confusion et d'improvisation du programme social-démocrate et progressiste a fait le reste. Le PQ a terminé avec 33% des votes et un manque de 400 000 militants qui se sont abstenus... confirmation a posteriori du fait que la souveraineté reçoit un plus grand appui - plus de 40% -que le PQ. Ce qui explique aussi que ces 400 000 votes ne se sont pas tournés vers l'ADQ ou le PLQ. Heureuse nouvelle. Pendant les derniers jours de la campagne électorale, le PLQ a pris la tête et a terminé avec 46% des votes - moins que la dernière fois en nombre - et une majorité de sièges. Le chef mal-aimé a triomphé. Triomphe modeste... Par dépit, faut-il-dire.En six mois, les Québécois ont porté leur choix sur les trois partis... consécutivement. Ce qui montre un certain désarroi. L'offre politique n'a pas su rencontrer la demande. On a souligné la popularité de Super-Mario, chef populiste, contrastant avec l'arrogance de Bernard Landry et l'insignifiance de Jean Charest. On a phrasé sur ce phénomène: les Québécois veulent Mario Dumont comme chef,appliquant le programme du PQ dans un gouvernement libéral Drôle. La popularité des chefs n'explique pas tout. On a répété ad nauseam pendant des mois que les Québécois voulaien du changement, qu'ils voulaient "tourner la page" sur la question nationale, qu'ils voulaient parler des "vraies affaires"... Boulechite. Si tel était le cas, ils n'auraient pas magasiné pendant six mois de manière si frénétique pour savoir à quel parti accorder leur appui. On a dit aussi que les Québécois voulaient donner une dernière chance au fédéralisme canadian. Et que l'échec du gouvernement libéral produirait les conditions gagnantes. Re-Boulechite. Pour la même raison. Il semble au contraire que les Québécois soient orphelins d'un projet politique simple et concret: la création d'un pays. Purement et simplement. Sans fioriture. Sans esquive. Sans finasserie. Les 400000 voix perdues par le PQ, retrouvées grâce à cette clarification des choses, auraient sans doute fait la différence.

 

L'héritage pÈquiste.

 

Le PQ n'a pas été terrassé,comme on pouvait le craindre à certains moments de l'hiver 2003. Mais il a subi une dure rebuffade de la part de ses propres militants. Saura-t-il en tirer les leçons ? On peut en douter. Le présent contexte montre une "fracture essentielle" entre le mouvement souverainiste et le Parti Québécois. Quand l'appui à la souveraineté atteint 46% et que l'appui au PQ chute à 18% (durant l'été 2002), on constate un sérieux problème. Un problème de confiance. Il semble que la trajectoire du PQ s'est embrouillée pendant ces trente-cinq dernières années

La lutte pour l'indépendance s'est diluée dans la lutte pour le pouvoir. La gouvernance provinciale a pris le pas sur l'indépendance nationale. L'idéalnational s'est réduit à l'èlectoralisme. Cette trajectoire tombante était inscrite dans le mouvement dès sa fondation probablement.

LE PQ n'a pas su résoudre trois questions fondamentales.

 

1- Son enracinement. Vous vous souvenez de l'Affaire Michaud? Triste affaire. Les dirigeants péquistes, les élus péquistes ont endossé, la queue entre les deux jambes, une motion de blâme sans précédent à l'égard d'un citoyen dont les déclarations maladroites ont fait rebondir la question du manque d'appui au projet souverainiste de la part des minorités ethniques. Sur cette question, il aurait fallu, et il faudra bien un jour, apporter une solution concrète. Dans le genre "association des juifs pour le OUI", "association des Grecs pour le OUI", "association des Italiens pour le OUI", etc. Il y a à l'intèrieur du PQ un personnel èlu, d'origine ethnique, qui pourrait prendre en charge la crèation de ces "comités ethniques pour le OUI". Je pense aux Facal, Kotto, Levine, etc. Jusqu'à présent les dirigeants péquistes se sont contentés d'une rhètorique verbeuse, dans le style du "nationalisme civique" ou du "nationalisme territorial". Les images valent mille mots. Les actions aussi. La formation de ces comités aurait tôt fait de faire taire à jamais les platitudes de la Gazette, et d'autres pourfendeurs patentés, sur le prétendu "nationalisme ethnique" des Québécois. Cela n'a pas eu lieu.

Pourquoi ? Il semble que la tradition péquiste entretienne une "conscience coupable" et un doute sur la légitimité de son projet.

2- Son objectif. Cette mauvaise conscience se vérifie également dans le nébuleux concept de "reconfédération" mis de l'avant subrepticement, sans débat au sein des instances péquistes, par B. Landry. Cette modélisation furtive et aléatoire de l'Article 1 du programme péquiste a de quoi laisser perplexe plus d'un. Peut-être 400 000... On retrouve cette idée chez M. Seymour pour qui l'offre de partenariat serait nécessaire pour illustrer la haute moralité du projet souverainiste... Faut-il une conscience coupable pour concevoir une telle proposition! Non seulement est-elle stratégiquement nulle, en ce qu'elle expose le OUI québécois au NON canadian - semblant conditionner la souveraineté à l'approbation de partenariat canadian -, mais encore elle a donné à Ottawa le prétexte souhaité pour invalider légalement, si elle est maintenue, toute démarche démocratique tendant à faire ratifier par référendum la volonté du peuple québécois de "sortir du Canada".

3- Son contexte. Le Québec vit à l'ombre d'un géant qui a décidé de poursuivre ses intérêts en faisant fi du cadre du droit international et en ignorant l'opinion publique mondiale. Pas reposant pour les souverainistes québécois... surtout s'ils sont "travaillés" par la mauvaise conscience! Les USA "tolèreraient-ils" l'émergence d'une nouvelle nation indépendante, donc le démantèlement du Canada, leur allié branlant et bouffonnant? Question complexe, évidemment. Mais là encore, l'action vaut mille mots. La réouverture des délégations du Québec, fermées par le Déserteur Lucien Bouchard, est un pas dans la bonne direction.

Encore faut-il qu'elles soient plus que des postes avancés du ministère du Commerce...

 

Une course ou une refondation ?

 

La démission plus ou moins annoncée de B. Landry a ouvert la course à la chefferie du PQ. La question qui se pose est celle-ci: un parti marqué par un tel héritage peut-il produire un chef capable de mener à la création d'un pays? Un chef capable d'affirmer sans esquive l'enracinement national du projet souverainiste, et capable de mettre à sa place, fermement et fortement, tout pourfendeur mal-intentionné, d'où qu'il vienne et qui qu'il soit? Un chef capable de proposer aux Québécois un projet clair, simple et complet d'indépendance nationale? Sans fuite en avant dans une rhétorique ridicule? Sans confusion sur les fins et sur les moyens?

Sans tergiversation? Sans finasserie? Sans recul suspect? Un chef capable de s'adresser au monde et d'expliquer la légitimité et les avantages de l'indépendance politique du QuÈbec? Capable de s'adresser aux USA et de leur expliquer la profondeur historique de cette lutte et la modernité de ses objectifs? Capable de dire aux Canadians que le gouvernement du Québec sera tout disposé à examiner avec bienveillance une proposition d'association entre les deux pays que leur gouvernement fédéral voudrait bien lui soumettre? Si le sérail peut produire un tel chef, c'est que le PQ aura subi une cure de jouvence... Il semble qu'il y a en ait au moins 400 000 qui doutent qu'un tel évènement se produise au sein d'un parti héritier du "trait d'union fondateur" et d'un habitus acquis prédisposant à l'esquive et à l'ambiguité. Boisclair, Legault, Marois, des noms qui soulignent la continuité plutôt que la refondation. Est-ce à dire que, si le PQ veut survivre à sa défaite, il doit lui advenir un chef hors-sérail? Je ne doute pas un instant qu'ils sont nombreux ceux-là qui, non seulement le pensent, mais le souhaitent pour le bien de la Cause. Les prochains mois diront jusqu'où le PQ est capable de renouveler son projet et de présenter un chef fort et crédible.

 

Une élection référendaire

 

Pendant l'élection du 14 novembre 1962, Jean Lesage ne cessait de répéter: ´Un vote pour le PLQ ou pour un député libéral est un vote pour la nationalisation de l'électricité.

Il a gagné les élections et il a nationalisé l'électricité. En 2007, le chef du NPQ (nouveau PQ...) devra répéter en campagne électorale: ´Un vote pour le NPQ est un vote pour la souveraineté. Si l'ADQ joint le mouvement, en déclarant: ´Un vote pour l'ADQ est un vote pour la souveraineté, on peut raisonnablement prétendre que l'élection sera remportée par les souverainistes et à plus de 50% des voix. Encore plus si on réussissait à former une "alliance élargie" incluant, pour une seule et unique campagne électorale, les autres partis souverainistes regroupés autour de l'UFP? Resterait alors aux NPQ-ADQ-UFP à FAIRE LA SOUVERAINETÉ… pour laquelle ils auront reçu un mandat clair. Fin des finasseries sur les ´certitudes morales et les ´conditions gagnantes... Le PQ, l'ADQ et l'UFP ont 48 mois pour mettre au point cette alliance. Et tout porte à croire que cette alliance se fera. On peut penser en effet que le chef de l'ADQ regrette amèrement son discours de Toronto et d'avoir suivi les conseils des "tourneurs de pages".

Ses postures bourassiennes ont finalement fait fuir les souverainistes de droite qui ont cru, le temps de le dire, dans une ADQ nationaliste. Quant à l'UFP, elle a appris elle aussi que ses chances sont réduites d'accéder à une représentation électorale tant que le Québec ne sera pas souverain. La question nationale, tant qu'elle n'est pas réglée, empêchera une majorité d'électeurs, toujours déterminés par cette question, de favoriser les élans réformistes de ces partis. Rien au Québec ne peut en effet se faire sans la "déclaration de loyauté première" au Québec. Même le PLQ n'y échappe pas. Et tous ces Canadians vivant au Québec, qui votent PLQ, se leurrent s'ils pensent que la question nationale est enterrée avec l'arrivée aux affaires de Charest-le-canadien... Et tous ces collaborateurs, à Ottawa ou chez Gesca, se trompent quand ils affirment le contraire.

L'appétit de liberté d'un peuple transcende, à chaque moment de son histoire, ces collaborations du présent, même quand elles sont vantées par tous les J. Saul de ce monde comme le modèle de la tolérance, de l'harmonie et de la vertu politique. Le "beau risque" de tous les LaFontaine de notre histoire n'a pas empêché le peuple québécois de progresser, génération apràs génération, dans la prise de conscience de son originalité, de la fragilité de son existence et de la clarification de ses objectifs.

 

Rompre avec cette tradition de collaboration

Les 400 000 ont fait la démonstration de la nécessité de rompre avec cette tradition de collaboration. Le PQ reconfédéraliste en a payé le prix. L'ADQ aussi, Et l'un et l'autre ne sont pas sans l'ignorer. Aussi,leur alliance a toutes les chances de se concrétiser. Et ce sera tant mieux. Car plus tôt ils auront leur pays, plus tôt les électeurs pourront exprimer leurs préférences sur les options politiques gauche-droite qui combleraient leurs attentes enfin dégagées des contraintes de la survie dès lors assurée. Pour ceux qui n'en seraient toujours pas convaincus, l'échec annoncé de la gouvernance provincialiste du PLQ en fournira une preuve supplémentaire. L'acharnement pathétique d'Alliance Québec, financée par Ottawa, a porté jusqu'en Cour suprême la question de la politique linguistique québécoise, menaçant de rompre le fragile équilibre des choses. Le test one-0-one ne sera pas sans conséquences sur le gouvernement libéral. Le problème des défusions non plus. Enfin, l'illusion d'un "Conseil des provinces", faisant pendant au pouvoir central, n'est qu'un leurre.

Déjà les commentateurs du ROC en ont fait leurs choux gras. C'est que le Canada n'a pas renoncé à son nation building, il entend maintenant le poursuivre autour d'une politique des villes, et dans le rabaissement des provinces. L'élite canadian, bien installée au centre, n'entend pas partager avec qui que ce soit le contrôle du pouvoir canadian, fédéralisme d'apparence. Ni avec les provinces, ni avec un Québec provincial, ni avec un Québec souverain... Cela est d'autant plus évident que le pouvoir canadian est confié à un parti unique, l'opposition étant déchirée sur des questions, régionales ou nationales, non résolues, et ne paraissant pas devoir l'être dans les prochaines années. Au centre, on préfère laisser croire qu'elles n'existent tout simplement plus du fait qu'on n'en parlera tout simplement plus... sauf au moment des grand-messes électorales où les monstres seront de nouveau affichés comme repoussoirs destinés à consolider toute impossibilité d'alternance...

 

"Dans les 24 mois"

On peut d'ores et déjà prévoir l'allure des forces en présence lors de la prochaine campagne électorale. La "grande alliance des partis souverainstes" et l'échec incontournable du gouvernement Charest seront là pour maximiser les chances d'une victoire sans équivoque du OUI. Une victoire électorale du OUI. Pour y arriver, il faut s'entendre et se préparer.

 

1- S'entendre. Aujourd'hui on nous annonce que Jacques Parizeau a proposé une grande stratégie de relance de la souveraineté. Il a mis l'accent entre autres sur la nécessité de proposer un projet de société. Cette proposition suppose que la relance en question s'adresse au PQ. Malheureusement, on peut douter que le grand parti qu'a été le PQ réussisse à reconstruire le rapport de confiance nécessaire à cette démarche. Il apparait plus opportun de travailler à la "grande alliance" en raison de son potentiel de crédibilité et d'efficacité à atteindre le but.

Or, l'idée d'une telle "grande alliance" exclut la possibilité d'offrir ce projet de société puisque ses composantes n'ont pas la même idée à ce sujet. Aussi faut-il comprendre que si le succès de la souveraineté dépend de l'alliance des partis souverainistes, il suppose également que cette alliance ne soit basée que sur une seule question, celle qui en constitue le fondement: la déclaration d'indépendance.

 

2- Il découle de cette approche que l'alliance ne saurait proposer un programme de gouvernement. Elle s'en tiendrait à une gouvernance des dossiers courants, sauf peut-être à introduire la loi de la réforme électorale promise et attendue depuis plus de trente ans. Son programme commun consisterait essentiellement à déclarer l'indépendance et à faire la transition à laquelle elle se serait préparée dans les mois qui viennent. Ce qui, on peut le penser, prendrait un minimum de mois. Peut-être vingt-quatre mois. Après quoi, dans un Québec souverain, ce gouvernement d'"union nationale" pourrait annoncer la première campagne électorale post-coloniale... au grand contentement des électeurs de tous les horizons.

 


JUSTIFICATIONS DE CETTE ALLIANCE INTERPATIS ET INTERMOUVEMENTS

 

A- LE PQ NE PEUT CONDUIRE À LUI SEUL LA CAUSE JUSQU'À LA VICTOIRE!

Textes et analyses axés sur l'action concrète:

7-09-2002:

PQ, base militante et Indépendance: "Les conditions gagnantes pour faire la souveraineté seront atteintes le jour où le Parti Québécois décidera de faire la souveraineté.'' Un sociologue amateur de rue. LE PARTI QUÉBÉCOIS POUR UN CHANGEMENT RÉEL ET VALABLE Le Parti Québécois de la circonscription de Bertrand tient à apporter sa modeste contribution à la réflexion que doivent faire tous les membres du parti, si on veut s'assurer de la présence du PQ au pouvoir lors de la prochaine élection. C'est la seule façon de réaliser le plus tôt possible notre idéal qu'est celui de la souveraineté du Québec. Nous sommes conscients que ce document ne donne pas la réponse à tout et qu'il n'est pas nécessairement dans sa globalité ''la''solution. C'est pourquoi nous souhaitons qu'il incite les personnes intéressées à se l'approprier et à contribuer à le développer plus complètement afin de nourrir cette réflexion. LE PARTI QUÉBÉCOIS A LES DEUX BRAS PRIS DANS LE TORDEUR. Les deux bras du PQ Le PQ a les deux bras pris dans le tordeur et les rouleaux continuent à tourner. C'est du moins ce qu'observe une bonne partie de la population, dont de nombreux membres de notre parti. C'est le cas pour le bras du parti, tout comme pour son bras gouvernemental. Que ce soit vrai ou non, ou encore qu'à moitié vraie, l'important est de se rappeler que les gens votent à partir de leur perception de la réalité et non pas nécessairement selon la réalité. Sur certains aspects, nous n'avons pas l'impression que la réalité est totalement déformée. Pour notre part, nous souhaitons que le PQ prenne conscience de cette situation et surtout qu'il réagisse vivement, avec courage et créativité, de sorte que nous gagnions la prochaine élection, quidevra être celle qui nous amènera à la souveraineté du Québec. La population La population regarde tourner la machine gouvernementale et elle prétend que ça ne tourne pas rond. Les rouleaux semblent usés, le moteur est bruyant et irrégulier, et le linge qui en sort n'est pas toujours bien essoré. Alors elle veut du changement, quelque chose de véritablement différent, n'importe quoi, n'importe qui, à la condition que ce soit du changement. Après tout, l'appareil actuel fonctionne depuis 25 ans et on lui a demandé un effort considérable au cours des huit dernières années. Ce n'est pas une décision très rationnelle, mais c'est comme ça. Il faut l'accepter sans nécessairement le comprendre. Qui n'a pas changé au moins une fois son véhicule automobile uniquement pour faire changement, quitteà choisir un produit de moindre qualité, mais différent ? Le PQ et le changement Le PQ est-ilcapable d'être le porteur du changement que souhaite la population ? Le PQ est-il capable d'offrir une vision d'un Québec moderne ? Les gens en place peuvent-ils faire le virage nécessaire ? Le changement tant souhaité par la population peut-il venir du PQ ou il doit nécessairement venir d'un autre parti plus jeune ou plus vieux ? La structure du PQ permet-elle un changement rapide et efficace ? La clé pour résoudre le problème actuel réside dans les réponses qu'on peut apporter à ces questions et ce n'est pas évident qu'on pourrait aujourd'hui répondre oui dans chaque cas. Nous pensons que ça prendra beaucoup de courage, d'humilité, de travail et de créativité dans le choix des actions à entreprendre pour renverser la direction qu'ont pris les rouleaux du tordeur. Et pourquoi les citoyens veulent-ils du changement à Québec alors qu'ils sont prêts à réélire le Parti Libéral à Ottawa, même avec un Jean Chrétien qui ne cesse de s'empêtrer dans des problèmes de corruption ? Est-ce uniquement parce que l'opposition au fédéral est jugée incompétente, incluant le Bloc, alors qu'au Québec on considère le PLQ et l'ADQ tout aussi capables, si non plus capables, de prendre la relève ? Cet aspect de la question nous semble important, quoique mystérieux. Le bras du parti Pour entreprendre un virage rapide aussi important, il faut une structure efficace. Hors, il n'est pas certain que celle du PQ est apte à réaliser cet objectif qui devient nécessaire. Nous vous suggérons quelques exemples qui tentent de démontrer la faiblessede notre structure : 1. La méthode pour apporter des changements au PQ est normalement celle d'un Congrès national. Hors, l'exécutif national a décidé d'annuler tout Congrès avant la prochaine élection. Il semble que tout va bien. De toutes manières, ces Congrès sont inefficaces. Pour illustrer ce fait, je rappelle qu'au Congrès 1997, des 84 propositions de la circonscription de Bertrand, 5 ont été rejetées en ateliers, 18 ont été retenues pour la plénière et qu'à cette étape, faute de temps, seulement deux ont été étudiées par l'assemblée. Pour le Congrès 2000, en faisant abstraction aux amendements à la Constitution qui sont adoptées que par une poignée de membres ( moins de 25 en 97 et environ 200 sur 1700 en 2000), 891 propositions ont été soumises par l'ensemble des circonscriptions, 364 ont été étudiées en ateliers pour être présentées en plénière, 94, soit à peine 10%, ont été discutées, dont 89 adoptées et 5 rejetées. Quand pour une commission aussi importante que l'éducation, seulement 7 propositions des membres sur 97 sont discutées en plénière et que 9 propositions sur 100 pour la commission santé et affaires sociales subissent le même sort, nous ne voyons pas comment un Congrès pourrait apporter le virage majeur nécessaire pour ramener le PQ sur la bonne voie. Parmi ces propositions qu'on n'a pas eu le temps d'étudier, il y a entre autres celle sur un revenu minimal garanti pour chaque citoyen, que le PQ tente de reprendre actuellement en catastrophe avec le revenu de citoyenneté. De nombreuses suggestions ont été apportées par lacirconscription de Bertrand afin de tenter de remédier à cette situation : ne pas perdre un temps précieux le premier soir pour présenter un spectacle alors que la soirée dusamedi est consacrée à la fête ; n'est-il pas possible qu'un comité de sages représentatifs des régions examinent les propositions avant le Congrès et en retire pour fins de discussions celles, nombreuses, qui vont de soi pour ne retenir que les plus importantes pour le Congrès ; pourrions-nous demander aux circonscriptions de ne présenter que 7 ou 8 propositions lors des Congrès régionaux avec l'assurance que toutes les propositions adoptées lors des Congrès régionaux seront débattues lors du Congrès national ? Pourrions-nous demander aux circonscriptions de mettre en priorité 7 ou 8 propositions qui seraient obligatoirement discutées lors du Congrèsnational alors que les autres seraient confiées à un comité de sages provenant des régions ? Et la plus importante, consulter des spécialistes en cette matière afin d'obtenir d'eux les suggestions propres à faire de nos Congrès une réussite. Il nous sembleévident qu'on n'en a pas tenu compte. Le dernier Congrès a été un échec, nous avons raté l'occasion de nous renouveler. Aujourd'hui nous payons pour cet échec car nous sommes profondément dans l'embarras. Le PQ n'est plus perçu comme un parti moderne. Il est inscrit ''passé date'' sur l'emballage. Maintenant, est-ce qu'un Conseil national spécial peut agir à la place d'un Congrès et s'engager à apporter les modifications importantes et nécessaires à un virage majeur, tout aussi nécessaire, et qui pourraientcontredire le programme du parti ? C'est souhaitable, mais loin d'être certain. Et encore, si on s'embourbe dans le même modèle d'action que pour les Congrès, les résultats seront les mêmes. 2. La structure de fonctionnement et de réflexion hors Congrès du PQ est partiellement basée sur l'action des comités. Hors ceux-ci ou la majorité de ceux-ci, ne fonctionnent pas, ni sur la base nationale, ni régionale, ni locale. Jamais n'a-t-on vu le président, le vice-président ou l'agent de liaison se présenter au local ou au régional pour tenter de trouver une solution à l'inefficacité des comités. Et peut-on penser que les Conseils régionaux sont des agents de changements efficaces ? Notre expérience nous laisse croire que non. 3. Les rôles de président du parti et celui de chef du gouvernement sont exercés parla même personne quand le PQ est au pouvoir. Ce sont deux rôles importants qui nécessitent un investissement considérable, allant au-delà des limites normales d'une seule personne. De plus, les objectifs du parti risquent de passer après ceux du gouvernement, ou tout simplement il devient difficile pour le parti d'assurer une représentation nécessaire auprès du gouvernement, ce qui assurerait que le programme du parti est respecté. Également, il devient bien difficile pour le parti de faire la promotion du projet de souveraineté si le chef du gouvernement néglige de la faire, comme ce fut le cas pendant cinq ans. Et en bonus, si nous modifions cette structure, nous aurons alors deux personnes avec les pleins pouvoirs pour faire la promotion de la souveraineté et une pour travailler à s'assurer que les Conseils régionaux, les exécutifs de circonscriptions etles comités roulent à plein, ce qui n'est pas le cas présentement. Nous avons déjà proposé, tout comme d'autres circonscriptions, que les deux postes soient scindés. Il n'est pas certain que notre proposition a été prise en considération. 4. Quand après deux échecs le PQ s'entête à ne pas explorer d'autres formules qu'un référendum consultatif pour faire l'indépendance du Québec, quand les membres du gouvernement ridiculisent la proposition Lisée sans présenter d'alternative, quand le PQ s'apprête à faire des élections sans que nous sachions où il s'en va sur le plan de la souveraineté alors qu'il tergiverse entre l'indépendance, la souveraineté association avec le Canada et une union confédérale à saveur européenne, et quand lesmembres duPQ ne connaissent pas la stratégie du PQ pour nous amener à la souveraineté, alors celui-ci donne l'impression que le projet de souveraineté est le dernier de ses soucis et le noyau souverainiste qui devrait tenir le PQ à bout de bras regarde ailleurs ou se ferme tout simplement lesyeux. 5. Le parti n'a pas trouvé le moyen de se donner une structure qui lui permettrait de recruter un nombre suffisant de candidats d'une grande valeur pour les élections et surtout de s'assurer que ces candidats rencontrent tous des normes personnelles minimales qui les rendent crédibles auprès de la population. Qu'on se trompe une fois avec un candidat qui cache des choses, ça peut toujours aller. Mais quand on recommence le lendemain avec la même situation, c'est qu'il y un vice de structure dans l'organisation. De plus, il faudrait que le parti soit capable, quand il déniche un bon candidat, de le placer dans une circonscription favorable sans avoir à faire la ridicule tournée de toutes les circonscriptions. 6. Quand le parti choisit un candidat, et que le lendemain on découvre qu'il a flirté sérieusement avec l'ADQ et qu'il s'empresse de déclarer publiquement qu'il ne veut pas voir le chef du parti dans sa circonscription durant la campagne, quand un ministre vedette démissionnaire n'est pas capable de faire réélire facilement un candidat vedette pour le remplacer, c'est que le parti a non seulement un sérieux problème de structure en ce qui concerne le choix de ses candidats pour les élections, mais encore avec l'efficacité des ses Conseils exécutifs locaux. 7. Quand lors de Bureau national élargi du 8 juin l'organisateur en chef laisse entendre qu'il est possible de gagner les 4 circonscriptions lors de l'élection du 17 juin avec lesrésultats qu'on connaît, on est en droit de s'inquiéter sérieusement pour l'avenir. Rappelons-nous que lors de cette même élection le PQ a fait campagne en dénigrant le programme de l'ADQ sans présenter son propre programme. Quand le moteur de la laveuse ne fonctionne pas, les rouleaux du tordeur ne tournent pas. Et si on a les bras pris dedans… Le bras gouvernemental : la main Le gouvernement péquiste actuel, depuis qu'il est au pouvoir, a réalisé des choses importantes. Pas assez, semble-t-il, pour gagner à nouveau la faveur du public. Il vaut la peine cependant de mettre en évidence certaines de ses réalisations et d'élaborer un mécanisme qui permettra d'en faire la promotion auprès du public. Mais il ne faut surtout pas se leurrer et penser que la population votera pour le prochain gouvernement uniquement à cause des bonnes réalisations de celui-ci. La population pense tout simplement que le gouvernement a fait son devoir et qu'on ne lui doit rien en échange. C'est malheureux,mais c'est comme cela....Quand les rouleauxà billes du tordeur ne fonctionnent pas, il faut les lubrifier ou si nécessaire les remplacer. On change le tordeur ou on le répare ? Le PQ ferait une grave erreur de rester dans l'immobilisme en espérant que le temps arrangera les choses, que les sondages réagissent capricieusement et que la population va finir par comprendre tout naturellement que le PQ sera le meilleur parti à élire lors de la prochaine élection. Le PQ est en chute libre, le moteur de la lessiveuse commence à grincher. Il faut réagir rapidement et fermement. Ce serait selon nous une grave erreur de dire qu'il faut gouverner d'ici à la prochaine élection sans faire de vagues, parce que les gens ont de l'eau jusqu'au menton avec les changements importants que le gouvernement a apportés dans le présent mandat, dont les nécessaires fusions des municipalités. Au contraire, nous pensons qu'il faut faire des vagues, afin de nettoyer la plage qui en a grandement besoin, même si certains doivent s'étouffer quelque peu. Et si malgré cela le PQ perdait les prochaines élections, au moins il aurait la consolation de dire qu'il est allé jusqu'au bout dans la réalisation des projets qu'il juge importants pour la population. Il faut que le PQ commence dès la prochaine session parlementaire à définir des projets mobilisateurs qui vont rallier les Québécois autour de la nécessité de faire la souveraineté. C'est là la raison d'être du PQ ; il doit vivre selon ses principes. Les Québécoises et les Québécois veulent des changements, proposons leurs des changements. Commençons par en réaliser maintenant. Démontrons que le PQ est le parti qui offre les meilleurs, les plus attrayants, les plus modernes, les plus surprenants, les plus susceptibles de réveiller la fierté des Québécoises et des Québécois et surtout les plus nécessaires changements pour l'avenir du Québec. Le PQ ne doit surtout pas hésiter à démontrer que la souveraineté est le seul moyen de réaliser cet idéal d'un Québec moderne et à l'avant garde, et que là uniquement réside le seul changement fondamental qui assurera au peuple du Québec, de gré ou de force, la richesse auquel il aspire. Démontrons qu'avec un chef de gouvernement qui parle les trois langues parlées par la plupart des futurs adhérents à l'Aléna et qu'avec uneéconomielargement basée sur l'exportation, le Québec est le mieux placé pour représenter directement et efficacement les intérêts des Québécois lors des négociations et plus particulièrement se battre contre l'acceptation du chapitre XI pour le droit qu'il donne aux multinationales de poursuivre les gouvernements qui adoptent des lois contraires à leurs intérêts et d'éliminer l'exception culturelle. Démontrons que la fatigue de la fin du deuxième mandat n'existe pas et que le PQ est dans une forme splendide pour attaquer le premier mandat d'un pays souverain. Il nous faudra beaucoup de courage et autant d'audace. Cela ne se fera qu'en misant sur ce que le Québec peut faire de mieux et non pas sur ce que le fédéral nous autorise. Il faut donner aux revendications québécoises les formes concrètes qui permettront aux citoyens de comprendre et d'apprécier la différence entre une politique faite dans le sens de nos intérêts et un compromis canadien. Il faut mettre de l'avant des solutionsqui feront réaliser clairement et concrètement ce que signifie choisir en fonction de nos priorités ou s'accommoder de ce que nous laisse un gouvernement qui ne tolère nos façons de faire que si elles sont acceptables à une majorité qui nous est étrangère par la langue, la culture et l'organisation sociale. Il faut cesser de se lamenter et prendre les devants, se comporter comme un pays souverain partout où c'est possible. L'analyse du technicien Notre appareil est encore assez bon, il n'est pas nécessaire de le changer. Il est encore capable d'essorer les affronts que nous subissons depuis déjà trop longtemps et de nous rendre tout blanc, symbole de liberté. Mais il faut agirvite, car il n'est pas certain qu'il résistera éternellement. Mais pour débuter, il faut sortir rapidement nos bras du tordeur. L'appareil mérite cependant une nécessaire et sérieuse mise au point et le changement de certaines pièces. Le PQ doit examinerses capacités à agir rapidement afin de se réorienter vers la bonne direction. Quelle est la meilleure solution pour arriver à cette fin ? Un Congrès spécial sur cette seule question ? Un Conseil national spécial ou pas qui aurait les pleins pouvoirs ? Un Conseil national qui se donnerait, par exception, les pleins pouvoirs et qui après une consultation écrite auprès des exécutifs des circonscriptions apporterait les changements nécessaires ? Le président du parti qui se donne les pleins pouvoirs ? Tout est possible. Après tout, n'y a-t-il pas un grand chef d'état qui nous afait comprendre dernièrement que la fin justifie les moyens ? Il n'y a qu'une seule attitude qui n'est pas acceptable : c'est celle de démissionner en se disant qu'on n'est pas capable pour toutes sortes de raisons d'entreprendre le virage nécessaire. ''Pas capable est mort'' comme disait mon grand-père. Il reste au moins une autre session avant la prochaine élection ; il faut qu'elle soit déterminante. Vite à l'œuvre. Et il faut aussi préparer la prochaine élection. Vite, au comptoir des pièces. Le catalogue des pièces Nous proposons une série d'actions qui nous semblent susceptibles d'amener le PQ à faire le virage nécessaire, d'apporter des changements comme le veut la population, de démontrer que le PQ est porteur de ces changements et que le PQ est le parti qui offre la meilleure vision d'un Québec moderne.Il n'est évidemment pas nécessaire d'adopter chacune de ces propositions pour réussir et elles ne sont pas nécessairement reliées entre elles. Il est évident cependant que l'appareil a besoin de beaucoup de changements importants et rapidement pour fonctionner efficacement. Nos membres n'accepteront jamais de se faire dire que la structure nous empêche de réagir rapidement et efficacement. Ces propositions méritent d'être examinées avec des yeux nouveaux, avec une attitude créative et en mettant de coté nos préjugés actuels. Certaines suggestions devraient être réalisées dans le présent mandat, d'autres pourraient s'inscrire dans la plate forme électorale de la prochaine élection, certaines devraient faire partie du projet de société à promouvoir maintenant pour un Québec souverain. Il nous faudratrouver le juste équilibre. Allons, retirons nos bras du tordeur avant qu'il ne soit trop tard, ce qui serait peut-être le début de la fin de notre idéal souverainiste. L'un devientrouge, l'autre devient beige. Il est temps de réagir. ...........

 

MISSION CAPITALE NATIONALE 1. Définir clairement les avantages pour les résidents de la ville de Québec que leur apportera la souveraineté du Québec. MISSION AFFAIRES PARLEMENTAIRES1. Définir clairement qu'elle sorte de gestion gouvernementale le PQ préconise dans un Québec souverain. 2. Donner plus de pouvoir aux députés en les libérant dans certains cas de l'adhésion à la stricte ligne des partis. 3. Légiférer pour que les élections se tiennent à une période fixe, soit aux cinq ans. 4. Établir rapidement un mode de représentation proportionnellede toutes les expressions politiques. 5. Se donner immédiatement une carte d'électeur accompagnée d'une carte de citoyenneté qui éviteraient le vol d'élections et de référendums. 6. Trouver le moyen de réhabiliter le citoyen Yves Michaud et surtout s'assurer qu'une telle situation ne puisse pas se reproduire avec d'autres citoyens. Conclusion Pour se sortir les bras du tordeur afin d'atteindre son objectif principal qui est celui de la souveraineté du Québec, le Parti Québécois a besoin d'un violent électrochoc qui touchera tant sa structure organisationnelle et les personnes qui l'occupent que le programme que devra défendre l'aile parlementaire à l'Assemblée nationale. S'il refuse ou s'il est incapable de le faire, il sera seul responsable de sa défaite électoraleet du report à une date trèsincertaine la possibilité de réaliser notre idéal souverainiste. Par contre, s'il s'engage dans la voie du changement, s'il devient le parti du changement réel et valable, tout est possible. Mais il ne faudrait pas que la notion de changement soit exprimée uniquementpar un slogan. La réforme doit être réelle, en profondeur et réalisée rapidement. Secrétariat du Parti Québécois de la circonscription de Bertrand. Jean-Marc Lefebvre 4222 Val-Royal Val-Morin J0T 2R0 Téléphone : 450 229-4631 Télécopieur : 450 229-5644 Courriel : jean-marc.lefebvre@citenet.net


B- LA CAUSE APPARTIENT À TOUT NOTRE PEUPLE ET NON À UN SEUL PARTI !

22-04-2002:

Texte important à lire: DEMAIN, QUÉBÉCOIS, SI NOUS LE VOULONS

Texte préparé à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et signé par des militants souverainistes à la suite du récent avis de la Cour suprême  Message aux démocrates de tous les pays DEMAIN, QUÉBÉCOIS, SI NOUS LE VOULONS Au Canada, un conflit fondamental nourrit unecrise politique interminable : celui qui oppose deux peuples, dont l'un tire le plus clair de ses origines de la France et l'autre des îles Britanniques. Ce conflit fait du Canada une entreprise de subordination d'un peuple à l'autre. Celle-ci prend sa source dans une défaite militaire au XVIIIe siècle et s'inscrit dans une structure politique qui, depuis l'Union imposée par Londres en 1840 (sur les modèles de l'Union avec l'Écosse de 1707 et avec l'Irlande de 1800), puis le régime de 1867, faussement appelé "Confédération", a donné au Canada anglais lesmoyens d'accroître sa supériorité démographique, d'étendre son territoire et d'additionner de nouvelles provinces, plaçant ainsi le Québec sous tutelle politique, et les Québécois dansun incessant processus de minorisation. Voici peu d'années encore, en 1982, cette subordination est apparue avecforce quand le Canada a imposé au Québec une constitution que ni son Assemblée nationale, ni son peuple n'ont acceptée. Et c'est bien parce que le Canada est une structurede domination qu'un nombre grandissant de Québécois ont résolu d'en sortir. Cette détermination se manifeste plus clairement depuis 1960, sous l'action de plusieurs facteurs propres au Québec et sous l'inspiration exemplaire du vaste mouvement de décolonisation du Tiers Monde -- et plus récemment des peuples de l'Est de l'Europe. Cette aspiration n'a cessé de se répandre dansles coeurs et les esprits et des'exprimer dansles urnes : 24% en 1970, 40% en 1980, 49,4% au référendum du 30 octobre 1995.   La Cour suprême, tribunal national du Canada Ce système de domination n'exclut pas le recours aux menaces, à l'intimidation et à la force. Mais, pour l'essentiel, il s'appuie sur l'écrasante supériorité démographique et la puissance économique du Canada anglais, qui assure à celui-ci l'emprise sur dix des onze parlements, gouvernements et administrations, et lui donne le contrôle des grands moyens de communication et des appareils médiatiques. Dans cette panoplie, une place de choix est occupée par les tribunaux, au sommet desquels trône la Cour suprême du Canada, qui vient tout juste de rendre, à la demande expresse du gouvernement d'Ottawa, un avis juridique que certains cherchent déjà à opposer ànos légitimes aspirations nationales.Cetribunal n'estpas de typefédéral, encore moins de type binational : c'est le tribunal national du Canada (c'est ainsi du reste qu'il se qualifie lui-même). C'est Ottawa seul qui l'a créé en 1875. C'est le premier ministre du Canada qui en choisit seul tous les juges. C'est le parlement fédéral qui en règle seul le mode de fonctionnement. Enfin, c'est Ottawa, avec ses provinces anglophones qui, en 1982, à la faveur d'une nouvelle constitution, imposée unilatéralement au Québec, lui a taillé un rôle de premier plan dans la défense et la promotion de "l'unité canadienne". Et il le fait bien : ce sont ses avis rendus en 1981-1982 niant notre droit de veto qui ont permis au Canada d'adopter une nouvelle constitutionmalgré le refus du Québec. Un trou noir Dans son désarroi postréférendaire d'octobre 1995,c'esttout naturellement vers ce tribunal que leCanada s'est tourné. Aux questions posées, les juges ont donné les réponses qu'attendait Ottawa : "Non! le droit canadien ne permet pas la proclamation de l'indépendance par le Québec! Non! le droit international ne prévoit pas de cas semblable à celui du Québec,qui n'est pas une colonie au sens classique du terme!" Ces réponses, aussi peu inattendues qu'inacceptables, constituent une triple négation : de notre qualité de peuple, de l'état de subordination organique dans laquelle nous nous trouvons et, plus grave encore, de notre droit à l'autodétermination. En venant conforter les bonnes consciences du Canada anglais, cet avis stimulera contre nous les ardeurs d'Ottawa. Déjà, on s'en donne à coeur joie au gouvernement et dans certains milieux, et c'est à qui maintenant proposera le meilleur moyen de s'ingérerdans nos affaires : jouer sur la formulation dela question? contrôler le dépouillement des votes? exiger une majorité inouïe?... Cet avis est construit pour accroître les difficultés, créer des embûches, briser nos volontés. Certes, ilyaura, au bout de cette nouvelle et difficile course à obstacles, une obligation, pour le Canada anglais, de négocier. Cela n'est pas rien, mais les ténors du fédéralisme s'empresseront d'en amoindrir l'importance, et chercheront même à la contourner. Les politiciens retors et les esprits tordus ont donc encore de beaux jours devant eux. En tout état de cause, la Cour suprême est là, qui n'a pas dit son dernier mot sur ce trou béant qu'elle vient sciemment de creuser, et d'où sortiront bien de nouvelles couleuvres que certains tenteront de nous faire avaler. Puissent nos dirigeants en tenir compte. Le droit d'être Québécois Au risque d'affaiblir son efficacité,une cour de justice doit respecter les apparences -- et plus encore les évidences. Or une chose crève les yeux : la légitimité de notre combat, qui s'appuie sur quatre siècles et qui est porté par un nombre sans cesse grandissant de Québécois. Du reste, un très large consensus existe au Québec sur le droit du peuple québécois à décider lui-même, sans ingérence, de son avenir. Voici qu'une cour qui n'est pas la nôtre, une cour canadienne vient de constater cette évidence québécoise. Nous n'avions pas besoin d'elle pour nous le dire. Mais puisque c'est leur cour et que ce qu'elle dit est capital, disons au Canada et à son gouvernement : "Notre cause est légitime. Cessez alors d'en dénaturer le sens, d'en caricaturer les mobiles, d'en démoniser les chefs: ce sont despatriotes, c'est-à-dire des hommeset desfemmes qui aiment leur patrie et entendent en faire un pays". Et si notre cause est légitime aux yeux mêmes des juges d'Ottawa, vous avez,citoyens et démocrates de tous les pays, notamment vous du Canada anglais, le droit de lui apporter votre soutien et votre amitié. Oui, tout le monde, et au premier chef tous ceux et celles qui, Autochtones installés ici depuis des temps immémoriaux, anglophones de souche ou nouveaux citoyens venus récemment des pays souvent les plus lointains, vivent aujourd'hui parmi nous, et qui ont maintenant l'assurance que plus personne n'a le droit de les menacer de la terrible accusation de "traîtres au Canada", et qu'ils peuvent dès lors, en toute liberté, donner leur adhésion au Québec. Oui, tous ceux et celles qui vivent et votent au Québec savent qu'ils ont le droit d'être Québécois, et de l'être pleinement.   Au cours de cette longue résistance que nous avonstoujours opposée à ceux qui voulaient nous dominer, nous avons appris que rien n'est facile. Les juges d'Ottawa vont maintenant rendre à leurs politiciens le relais que ceux-ci leur ont un moment confié. D'eux, nous n'avons rien à attendre. Ce qui nous viendra, nous viendra de nous-mêmes, de notre détermination, de ce OUI que nous nous donnerons ensemble, le jour où nous le déciderons et selon la manière que nous seuls déciderons, pour enfin sortir de ce système de subordination qui s'appelle le Canada, et hisser le Québec au rang de pays libre et souverain, membre à part entière de l'Organisation des Nations unies. Bientôt, car le temps presse.   Montréal, le 28 août 1998  

 


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