CITATIONS PRÉFÉRÉES DE MIQ


Voici deux séries de citations : les unes sont en vrac ; les autres sont classées par chronologie des auteurs. Ces citations doivent pouvoir s'insérer dans vos discussions politiques, si elles sont utilisées à bon escient, c'est-à-dire : non pour montrer qu'on est savant, mais pour illustrer ses propos ou servir de point de départ à certaines discussions.

Le fait que ces citations ne sont pas classées par thèmes n'est pas un problème pour qui sait utiliser la remarquable fonction : "Rechercher/Remplacer" qui figure dans tout bon traitement de texte ; à vous de jouer…

 

 

 

1 Je pense donc que l'espèce d'oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera en rien à ce qui l'a précédée dans le monde. (Alexis De Tocqueville)

 

2 L'État possède le monopole de la violence légitime (Max Weber)

 

3 Ajouter à l'acquis de l'état civil la liberté morale, qui seule rend l'homme maître de lui; car l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance ‰ à la loi qu'on s'est prescrite est liberté (Rousseau)

 

4 La fin dernière de l'État n'est pas la domination (Spinoza)

 

5 La fin de l'État est donc en réalité la liberté (Spinoza)

 

6 Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant (Rousseau)

 

7 L'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté (Rousseau)

 

8 L'État est un appareil dégagé de la société et composé d'un groupe d'hommes s'occupant exclusivement ou presque exclusivement de gouverner. Les hommes se divisent en gouvernés et en spécialistes de l'art de gouverner qui se placent au-dessus de la société (LÉNINE)

9 L'État est un immense cimetière où viennent s'enterrer toutes les manifestations de la vie individuelle (BAKOUNINE)

 

10 Mieux vaut compter les têtes que les couper (R. KIPLING)

 

11 Ôter aux citoyens leur d ¤roit absolu d'examen individuel sur des sujets supérieurs à leur véritable portée (Auguste Comte)

 

12 La cohésion sociale est due en grande partie à la nécessité pour une société de se défendre contre d'autres (Bergson)

 

13 Demander dans un État libre des gens hardis dans la guerre et timides dans la paix, c'est vouloir des choses impossibles (Montesquieu)

 

 

14 Toutes les fois que l'on verra tout le monde tranquille dans un État qui se donne le nom de république, on peut être assuré que la liberté n'y est pas (Montesquieu)

 

15 Ce qu'on appelle union, dans un corps politique, est une chose très équivoque; la vraie est une union d'harmonie, qui fait que toutes les parties, quelques opposées qu'elles nous paraissent, concourent au bien général de la société, comme les dissonances dans la musique concourent à l'accord total (Montesquieu)

 

16 L'État c'est le plus froid de tous les monstres froids. Et il ment froidement; ce mensonge glisse de sa bouche : "Moi l'État, je suis le Ðpeuple" (Nietzsche)

 

17 L'État est l'immoralité organisée &emdash; à l'intérieur : la police, les tribunaux, les classes, le commerce, la famille; &emdash; à l'extérieur : la volonté de puissance, la guerre, la conquête, la vengeance (Nietzsche)

18 Si l'État est fort, il nous écrase, s'il est faible, nous périssons (VALÉRY)

 

19 Le vice fomente la guerre, la vertu combat. S'il n'y avait aucune vertu, nous aurions toujours la paix (VAUVENARGUES)

 

20 Or, je puis bien concevoir un politique moral, c'est-à-dire un homme d'État admettant comme principes de la prudence politique ceux qui peuvent se concilier avec la morale; mais je ne conçois pas un moraliste politique qui se forge une morale à la convenance de l'homme d'État (Kant)

 

21 La fin de l'État est donc en réalité la liberté (Spinoza)

 

22 Les deux vertus du citoyen sont la résistance et l'obéissance. Par l'obéissance, il assure l'ordre; par la résistance, il assure la liberté (Alain)

23 La liberté ne va pas sans l'ordre, ni l'ordre san Îs la liberté (Alain)

 

24 La liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut (Montesquieu)

 

25 La liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir (Montesquieu)

 

26 La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent (Montesquieu)

 

27 C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites (Montesquieu)

 

28 Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir (Montesquieu)

 

29 Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier quelque partie de son autorité (Montesquieu)

 

30 Nous appelons charisme, la qualité extraordinaire d'un personnage, qui est, pour ainsi dire, doué de forces ou de caractères surnaturels ou surhumains ou tout au moins en dehors de la vie quotidienne, inaccessible au commun des mortels (Weber)

 

31 La violence n'est é ºvidemment pas l'unique moyen normal de l'État &emdash; cela ne fait aucun doute &emdash; mais elle est son moyen spécifique (Weber)

 

32 Nous entendons par politique l'ensemble des efforts que l'on fait en vue de participer au pouvoir ou d'influencer la répartition du pouvoir, soit entre les États, soit entre les divers groupes à l'intérieur d'un même État (Weber)

 

33 C'est l'histoire du monde qui est le jugement dernier du monde (Hegel)

 

34 Qui veut faire entièrement profession d'homme de bien ne peut éviter sa perte parmi tant d'autres qui ne sont pas bons (MACHIAVEL)

 

35 Quiconque veut fonder un État et lui donner des lois, doit supposer d'avance les hommes méchants… Les hommes ne font le bien que forcément; mais… dès qu'ils ont le choix et la liberté de commettre le mal avec impunité, ils ne manquent pas de porter partout la turbulence et le désordre (MACHIAVEL)

36 La meilleure manière de vivre consiste à pratiquer la justice et la vertu dans la vie et dans la mort (Platon)

 

37 La méchanceté ne saurait à la fois se connaître elle-même et la vertu, tandis que la vertu, aidée par l'éducation qui éclaire la nature, arrivera avec le temps à connaître à la fois elle-même et le vice (Platon)

 

38 Selon la nature, en effet, ce qui est le plus laid, c'est toujours le plus désavantageux, subir l'injustice; selon la loi, c'est la commettre (Platon)

 

39 La civilisation domine donc la dangereuse ardeur agressive de l'individu en affaiblissant celui-ci, en le désarmant, et en le faisant surveiller par l'entremise d'une instance en lui-même, telle une garnison placée dans une ville conquise (FREUD)

 

40 Mais il serait injuste de reprocher à la civilisation de vouloir exclure de l'activité humaine la lutte et la concurrence. Sans doute sont-elles indispensables, mais rivalité n'est pas nécessairement hostilité, c'est simplement abuser de la première que d'en prendre prétexte pour justifier la seconde (FREUD)

 

41 D'ordinaire, nous trouvons une éthique, pas une révolution; ou une révolution, pas d'éthique (MALRAUX)

 

42 Par l'absence de colère, on peut vaincre la colère, le mal peut être vaincu par l'absence de mal, on peut vaincre l'avarice par la générosité et, par la vérité, le mensonge (BOUDDHA)

 

43 La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper. C'est un refrènement constant et délibéré du désir de vengeance, que l'on ressent. La vengeance est toujours supérieure à la soumission passive, efféminée, impuissante, mais la vengeance aussi est faiblesse (GANDHI)

 

44 J'envisage pour lutter contre ce qui est immoral une opposition mentale et par conséquent morale (GANDHI)

 

45 Là où il n'y a le choix qu'entre lâcheté et violence, je conseillerai violence. Mais je sais que la non-violence est infiniment supérieure à la violence, que le pardon est plus viril que le châtiment. (GANDHI)

 

46 Nul ne s'est jamais élevé sans avoir passé par le feu de la souffrance (GANDHI)

 

47 Un gouvernement est donc tenu pour violent quand il prétend dominer les âmes et une puissance souveraine paraît agir injustement contre ses sujets et usurper leur droit quand elle veut prescrire à chacun ce qu'il doit admettre comme vrai ou rejeter comme faux (Spinoza)

48 La philosophie, dans son ensemble, refuse de valider le droit du plus fort; elle pourrait se définir le passage de la violence à la raison (GUSDORF)

 

49 La terreur, instrument jadis et naguère, et aujourd'hui encore, de la fausse certitude (GUSDORF)

 

50 La violence se situe à l'opposé de la force, car l'énergie qu'elle met en œuvre n'est que l'énergie du désespoir (GUSDORF)

 

51 La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d'avoir raison par raison et choisit le moyen court pour forcer l'adhésion. Si l'ordre humain est l'ordre de la parole …échangée, de l'entente par la communication, il est clair que le violent désespère de l'humain, et rompt le pacte de cette entente entre les personnes où le respect de chacun pour chacun se fonde sur la reconnaissance d'un même arbitrage en esprit et en valeur (GUSDORF)

 

52 Les hommes hésitent moins à nuire à un homme qui se fait aimer qu'à un autre qui se fait redouter (MACHIAVEL)

 

53 La majorité n'a jamais le droit de son côté. Jamais dis-je. C'est un de ces mensonges sociaux contre lesquels doit se révolter un homme libre, qui pense (IBSEN)

 

54 Chacun a des devoirs et envers tous; mais personne n'a aucun droit proprement dit; les justes garanties individuelles résultent seulement de cette universelle réciprocité d'obligations qui reproduit l'équivalent moral des droits antérieurs sans offrir leurs graves dangers politiques (Comte)

 

55 Le droit est l'ensemble des conditions qui permettent à la liberté de chacun de s'accorder avec la liberté de tous (Kant)

 

56 La loi est la raison humaine en tant qu'elle gouverne tous les peuples de la terre et les lois politiques et civiles de chaque nation ne doivent être que las cas particuliers où s'applique cette raison humaine (Montesquieu)

 

 

57 Ce qu'on appelle l'État, c'est tout simplement la dernière révolution qui a réussi (KUBISCHER)

 

58 La justice est ce doute sur le droit qui sauve le droit (Alain)

 

59 A la question : qu'est-ce que le droit? seule la raison peut répondre, car elle est l'unique fondement de toute législation possible (Kant)

 

60 Le droit est donc l'ensemble des conditions sous lesquelles la libre faculté d'agir de chacun peut s'accorder avec la libre faculté d'agir des autres, conformément à une loi universelle de la liberté (Kant)

 

61 Le droit et la faculté de contraindre sont donc deux choses identiques (Kant)

 

62 Relativement à ce qui est inné, par conséquent au mien et au tien intérieurs, il n'y a pas des droits, mais un droit (Kant)

 

63 La révolte naît du spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible (Camus)

 

64 La conscience vient au jour avec la révolte (Camus)

 

65 Si les hommes ne peuvent pas se référer à une valeur commune, reconnue par tous, alors l'homme est incompréhensible à l'homme (Camus)

 

66 La rébellion la plus élémentaire exprime, paradoxalement, l'aspiration à un ordre (Camus)

 

67 Mais la nostalgie prend un jour les armes et elle assume la culpabilité totale, c'est-à-dire le meurtre et la violence (Camus)

 

68 La justice suppose la réciprocité du respect, mais ne l'attend pas (Proudhon)

 

69 La justice est l'inhibition des valeurs biologiques par la raison (MADINIER)

 

70 Summum jus, summa injuria (la plus grande justice c'est la plus grande injustice) (Cicéron)

 

71 La justice, c'est le respect de la dignité humaine en toutes les personnes (Proudhon)

 

72 Être bon pour son semblable c'est le traiter comme un chien (Alain)

 

73 La justi ce est la charité conforme à la sagesse (Leibniz)

 

74 Pour ne haïr personne, tu haïras bien des choses (LANZA DEL VASTO)

 

75 Rien ne nous rend plus injuste que de souffrir d'une injustice (JALOUX)

 

76 La justice est la sublimation de la jalousie (FREUD)

 

77 Il n'y a que deux sortes d'hommes : les uns justes qui se croient pécheurs, les autres pécheurs qui se croient justes (Pascal)

 

78 C'est quand il n'y a pas de supériorité nettement reconnaissable, et qu'un conflit ne mènerait qu'à des pertes réciproques et sans résultat, que naît l'idée de s'entendre et de négocier sur les prétentions de chaque partie : le caractère de troc est le caractère initial de la justice (Nietzsche)

 

79 La justice se ramène naturellement au point de vue d'un instinct de conservation bien entendu (Nietzsche)

 

80 Il s'est peu à peu formé l'illusion qu'une action juste est une action désintéressée; et c'est sur cette illusion que repose la grande valeur accordée à ces actions (Nietzsche)

 

81 Ce ¤ qui fait difficulté c'est que l'équitable est juste, mais non pas juste selon la loi; il est plutôt un ajustement de ce qui est légal (Aristote)

 

82 Le droit est pour chacun la faculté d'exiger des autres le respect de la dignité humaine dans sa personne; &emdash; le devoir, l'obligation pour chacun de respecter cette dignité en autrui (Proudhon)

 

83 La justice est humaine, tout humaine, rien qu'humaine (Proudhon)

 

84 De l'identité de la raison chez tous les hommes, et du sentiment de respect qui les porte à maintenir à tout prix leur dignité naturelle, résulte l'égalité devant la justice (Proudhon)

 

85 La morale n'est qu'un langage figuré des passions (Nietzsche)

 

86 La société rejette le moi sur lui-même en lui donnant des ordres contradictoires (LE SENNE)

 

87 Ce qui fait que la bonne volonté est telle, ce ne sont pas ses œuvres ou ses succès (Kant)

 

88 La qualité des âmes ne dispense pas de la qualité des idées (Brunschvicg)

 

89 Tu dois, donc tu peux (Kant)

 

90 Jamais un homm Êe heureux n'a troublé la paix d'une réunion, prêché une guerre ou lynché un noir. Aucune femme heureuse n'a jamais cherché noise à son mari ou à ses enfants. Jamais un homme heureux n'a commis un meurtre ou un viol (NEILL)

 

91 La vraie morale se moque de la morale (Pascal)

 

92 Le devoir c'est ce qui est contraire à la nature (Schopenhauer)

 

93 Devoir, mot sublime et grand, toi qui poses une loi qui d'elle-même trouve accès dans l'âme (Kant)

 

94 Si tu regardes comme tien cela seul qui est tien et comme appartenant à autrui ce qui, en fait lui appartient, personne ne pourra jamais te contraindre (Epictète)

 

95 Dans l'intelligence commune de l'humanité, la faculté de juger en matière pratique l'emporte de tout point sur la faculté de juger en matière théorique (Kant)

 

96 On ne pourrait non plus rendre un plus mauvais service à la moralité que de vouloir la faire dériver d'exemples (Kant)

 

97 Une volonté libre et une volonté soumise à des lois morales sont par conséquent une seule te mêm »e chose (Kant)

 

98 Mais s'il n'y avait pas de liberté, la loi morale ne se trouverait nullement en nous (Kant)

 

99 Je ne pris point coutume pour raison (Alain)

 

100 Si je vire mal, c'est de ma faute. La moindre erreur se paye; et par oubli seulement de vouloir, me voilà épave pour un moment (Alain)

 

101 La volonté et l'intelligence sont une seule et même chose (Spinoza)

 

102 La coutume lie, l'habitude délie (Alain)

 

103 Les raisons de la raison sont des raisons non d'agir mais de s'abstenir ou d'attendre (Jankélévitch)

 

104 Le désir ne sait qu'attendre la manne (Alain)

 

105 Le désir est une prière aux causes amies ou ennemies de notre existence (Maine de Biran)

 

106 Vouloir vraiment c'est vouloir ce qu'on ne veut pas (RENOUVIER)

 

107 Pouvoir de surmonter qui est tout l'homme (Alain)

 

108 La volonté apparaît comme une force hyperorganique en rapport avec une résistance vivante (Maine de Biran)

 

109 La volition est un acte exclusivement psychique et moral · (Wiliam James)

 

110 Toute décision est un drame qui consiste dans le sacrifice d'un désir sur l'autel d'un autre désir (CLAPARÈDE)

 

111 Désirer c'est subir l'empire des choses; vouloir, c'est être maître de soi (GOBLOT)

 

112 Le vouloir s'achève dans la conquête de la conscience par l'idée… Je veux écrire, j'écris; je veux éternuer, je n'éternue pas (James)

 

113 Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur l'homme que le pouvoir qu'il leur accorde lui-même (Hegel)

 

114 Volonté et raison sont les deux splendides présents que la société dépose dans notre berceau (Charles BLONDEL)

 

 

115 Comme il arrive que le langage nous apprenne notre pensée, ainsi nos actes nous apprennent nos intentions (Sartre)

 

116 Pour la majorité des hommes la volonté est ainsi obéissance aux impératifs collectifs (BLONDEL)

 

117 Qui se prévoit lui-même faible et inconstant, il l'est déjà (Alain)

 

118 Je me comprends d'abord comme celui qui dit : "je veux" (Ricœur)

 

119 Notre sagesse est pour une bonne part Ô au carrefour de notre volonté et de nos besoins (Ricœur)

 

120 Le caractère d'un homme n'est que son serment (Alain)

 

121 Notre âme est indifférente à l'état de batelier comme à celui de duc (Pascal)

 

122 Où est donc ce moi qui n'est ni dans le corps ni dans l'âme? (Pascal)

 

123 La personne n'est pas une donnée, mais un devoir être (Pascal)

 

124 Je n'existe que dans la mesure où j'existe pour autrui; à la limite, être c'est aimer (MOUNIER)

 

125 Je ne saurais confondre le "je" qui se cherche et le "moi" qu'il rencontre (Gaston BERGER)

 

126 La notion même de droit implique et que les hommes ne sont pas immédiatement transparents à les uns aux autres et qu'ils ont à le devenir (Pascal)

127 La conscience de soi n'est possible que si elle s'éprouve par contraste (BENVENISTE)

 

128 Cet effort du sujet pour dominer sa propre subjectivité n'implique-t-il pas un plus haut sujet? (Jean Lacroix)

 

129 La personne se définit comme le refus de n'importe quel personnage (GUSDORF)

 

130 Mais il n'est pas quest Úion non plus de soutenir que la société, n'étant faite que d'individus, n'a de réalité que le nom qui la désigne, et que le bien public n'est jamais que le bonheur privé bien compris (Auguste Comte)

 

131 Tout homme, précisément, dans la mesure où il est pure personne, est un être individuel, par conséquent unique et distinct de tout autre; et de façon analogue sa valeur est une valeur individuelle et unique (Scheller)

 

132 Il faut sortir de l'intériorité pour entretenir l'intériorité (MOUNIER)

 

133 La personne est un dedans qui a besoin d'un dehors (MOUNIER)

 

134 Le mot exister indique par son préfixe qu'être, c'est s'épanouir, s'exprimer (MOUNIER)

 

 

135 La réflexion n'est pas seulement un regard intérieur replié sur le moi et ses images : elle est aussi intention, projection de soi (MOUNIER)

 

136 Je m'accomplis au contact du Tu, je deviens Je en disant Tu (BUBER)

 

137 Le sens d'autrui ne commence qu'avec l'acceptation non pas d'un autre moi-même mais d'un autre différent de moi-même (MOUNIER)

 

138 Ce qui est supérieur à tout prix, qui, par suite, n'admet aucun équivalent, c'est ce qui a une dignité (Kant)

 

139 L'étroit emmêlement de la personne spirituelle et de l'individualité matérielle fait que le destin de la première dépend étroitement des conditions faites à la seconde (MOUNIER)

 

140 Je ne suis pas un cogito léger et souverain dans le ciel des idées, mais cet être lourd dont une lourde expression seule donnera le poids; je suis un moi-ici-maintenant (MOUNIER)

 

141 Une personne est dès l'origine mouvement vers autrui (MOUNIER)

 

142 La personne ne saurait être assimilée en aucune manière à un objet dont nous pouvons dire qu'il est là… Elle se saisit bien moins comme être que comme volonté de dépasser ce que tout ensemble elle est et elle n'est pas… Sa devise n'est pas sum, mais sursum (Gabriel MARCEL)

 

143 La personne ne croît qu'en se purifiant incessamment de l'individu qui est en elle. Elle n'y parvient pas à force d'attention sur so 'i, mais au contraire en se faisant disponible (MARCEL), et par là plus transparente à elle-même et à autrui (MOUNIER)

 

144 Lorsque la communication se relâche ou se corrompt, je me perds profondément moi-même (MOUNIER)

 

145 La racine de tout plaisir est le plaisir du ventre (Épicure)

 

146 Le bonheur est la plus grande somme de plaisirs diminuée de la plus petite somme de douleurs dans une existence complète (BENTHAM)

 

147 A supposer que chaque homme sache calculer son intérêt bien entendu, en résultera-t-il que chacun en le poursuivant se trouvera aussi poursuivre l'intérêt des autres? (BENTHAM)

 

148 Le vertus se perdent dans l'intérêt comme les fleuves dans la mer (la Rochefoucauld)

 

149 Dans toutes les négations de la morale s'affirme avec la même force la moralisme universel et obligatoire. Certes, un critère univoque du Bien et du Mal ne nous est pas pour autant révélé (Jankélévitch)

 

150 Les choses respectables sont relatives et contradictoires; mais le fait de Èles respecter ne l'est pas (Jankélévitch)

 

151 Tel est le "cogito" moral : chassez-le par la fenêtre ou par la cheminée; bouchez toutes les issues, vous le trouverez assis à votre table (Jankélévitch)

 

152 La morale n'est qu'un langage figuré des passions (Nietzsche)

153 Si le moi est haïssable, aimer son prochain comme soi-même devient une atroce ironie (VALÉRY)

 

154 Le bonheur marque le parfait contentement, la plénitude et l'accomplissement de tous les désirs, la satisfaction née d'une réalisation intégrale, l'apaisement définitif qui s'ensuit, le plein repos de l'homme arrivé à l'épanouissement de son être et au terme de son œuvre (René POLIN)

 

155 Brille la belle conduite qui consiste à supporter avec fermeté de grands et de nombreux malheurs, non par insensibilité, mais par générosité et grandeur d'âme (Aristote)

 

156 Le bonheur est un idéal non de la raison, mais de l'imagination (Kant)

 

157 Comme la raison ne demande rien qui soit contre nature, elle demande donc que chacun s'aime lui-même, cherche l'utile propre, ce qui est réellement utile pour lui, désire tout ce qui conduit réellement l'homme à une perfection plus grande (Spinoza)

 

158 Si le bonheur est une activité conforme à la vertu, il est rationnel qu'il soit conforme à la plus haute vertu, et celle-ci sera la vertu de la partie la plus noble de nous-même (Aristote)

 

159 Le bonheur semble consister dans le loisir : car nous ne nous adonnons à une vie active qu'en vue d'atteindre le loisir, et ne faisons la guerre qu'afin de vivre en paix (Aristote)

 

160 Vivre toujours parfaitement heureux. Notre âme en trouve le pouvoir, pourvu qu'elle demeure indifférente à l'égard des choses indifférentes (Épictète)

 

161 Le propre de l'homme est d'aimer même ceux qui l'offensent. Le moyen d'y parvenir, c'est de te représenter qu'ils sont tes parents, qu'ils pèchent par ignorance et involontairement (Marc-Aurèle )

 

162 La béatitude n'est pas la récompense de la vertu, mais la vertu elle-même (Spinoza)

 

163 Tout ce qui est b eau est aussi difficile que rare (Spinoza)

 

164 Une preuve de la liberté tuerait la liberté (Alain)

 

165 Pour sentir évidemment notre liberté il faut en faire l'épreuve dans les choses où il n'y a aucune raison qui nous penche d'un côté plutôt que de l'autre (BOSSUET)

 

166 L'illusion du libre-arbitre vient de la conscience de notre action jointe à l'ignorance de causes qui nous font agir (Spinoza)

 

167 La liberté est le résultat d'une libération, non quelque chose qui est donné mais une ouvre qui est à faire (Brunschvicg)

 

168 L'homme avance contre le vent par la force même du vent (Alain)

 

169 Je vois ce qui est le mieux et je l'approuve, mais j'accomplis le pire (OVIDE)

 

170 Je ne fais pas le bien que je veux tandis que je fais le mal que je ne veux pas (SAINT-PAUL)

 

171 Pour que la nécessité soit reconnue, il faut que nous considérions que nous sommes distincts de cette nécessité, c'est-à-dire que nous sommes libres (LAGNEAU)

 

172 Toute définition de la liberté donnera raison au déterminisme (Bergson)

 

173 Plus on agit suivant la raison, plus on est libre (Leibniz)

 

174 Il faut remarquer que la liberté peut être considérée dans les actions de la volonté, soit avant qu'elles soient accomplies, soit pendant leur accomplissement (Descartes)

 

175 Nous pouvons dans tous les cas agir plus librement touchant les choses où nous voyons plus de bien que de mal que touchant celles que nous appelons indifférentes (Descartes)

 

176 La chose à laquelle un homme libre pense le moins, c'est la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie (Spinoza)

 

177 Chaque moment de notre vie se compose d'un certain nombre de jugements, et ces jugements se rattachent aux jugements du moment précédent, et ainsi de suite (LAGNEAU)

 

178 Nous sommes responsables de nos erreurs (LAGNEAU)

 

179 Ce que nous jugeons évident est ce que nous jugeons qu'il faut subir (LAGNEAU)

 

180 L'affirmation de la nécessité dans l'évidence est nécessairement liée à celle de la liberté de l'esprit (LAG &endash;NEAU)

 

181 Les mêmes mains ne peuvent pas se faire à la culture des champs et à celle de la cithare (Descartes)

 

182 Évidemment toutes les sciences ont une relation, plus ou moins grande, à la nature humaine; aussi loin que l'une d'entre elles semble s'en écarter, elle y revient cependant d'une manière ou d'une autre (Hume)

 

183 Qu'un homme n'agisse jamais d'une manière adéquate à ce que contient l'idée pure de la vertu, cela ne prouve pas qu'il y ait en elle quelque chose de chimérique (Kant)

 

184 Bien qu'en rapport aux hommes, et non à la loi, la vertu puisse être çà et là appelée méritoire et considérée comme digne d'être récompensée, il faut pourtant la considérer comme étant pour elle-même son propre salaire, tout de même qu'elle est pour elle-même sa propre fin (Kant)

 

185 Tout le monde dans notre race trouve à propos d'être sur ses gardes et de ne pas se laisser voir tel qu'il est, ce qui trahit dans notre espèce le penchant à être mal intentionné à l'ég ‰ard d'autrui (Kant)

 

186 Posséder le Je dans sa représentation : ce pouvoir élève l'homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. Par là, il est une personne (Kant)

 

187 Plus tu as pensé et plus tu as agi, plus longtemps (même dans ta propre imagination) tu as vécu (Kant)

 

188 On ne voit pas pourquoi il est nécessaire que des hommes existent (Kant)

 

 

189 En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus "sauvages" ou "barbares" de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques (LÉVI-STRAUSS)

 

190 L'homme est la mesure de toutes choses (Protagoras)

 

191 La science a toujours pour objet ce qui est premier, ce dont toutes les autres choses dépendent, et en raison de quoi elles sont désignées (Aristote)

 

192 Le pivot de la vie religieuse est l'intérêt que prend l'individu à sa destinée personnelle (Boutroux)

 

 

193 La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux (Camus)

 

194 L'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles (Camus)

 

195 Il suffit de concevoir une chose qui n'est renfermée d'aucunes limites pour avoir une idée vraie et entière de tout l'infini (Descartes)

 

196 Notre examen ne doit tendre qu'à ce qui nous rend heureux et parfaits (Malebranche)

 

197 Le croyant, le révolutionnaire imaginent que leur combat est déjà gagné &emdash; au ciel ou dans l'histoire (Merleau-Ponty)

 

198 Dieu est mort, maintenant nous voulons que le surhomme vive (Nietzsche)

 

199 Hommes supérieurs, ce Dieu a été votre plus grand danger. Vous n'êtes ressuscités que depuis qu'il gît dans la tombe (Nietzsche)

 

200 Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort (SAINT-EXUPÉRY)

 

201 On dit que Dieu a fait l'homme à son image. L'homme le lui a bien rendu (Voltaire)

 

202 Il n'y a pas de philosophie que l'on puisse apprendre; on ne peut apprendre qu'à philosopher (Kant)

 

203 La philosophie se trahit elle-même lorsqu'elle dégénère en dogmatis me, c'est-à-dire en un savoir mis en formule, définitif, complet (JASPERS)

 

204 Il vaut mieux changer ses désirs que l'ordre du monde et se vaincre soi-même plutôt que la fortune (Descartes)

 

205 On a bien plus loué les hommes occupés à faire croire que nous étions heureux que les hommes occupés à faire que nous le fussions en effet (Diderot)

 

206 Il n'y a que les huîtres et les sots qui adhèrent (Valéry)

 

207 Chacun est l'être le plus distant de soi-même (Nietzsche)

 

208 Rejeter noblement son manteau sur l'épaule droite (Platon)

 

209 Le philosophe est celui qui possède la totalité du savoir dans la mesure du possible (Aristote)

210 La philosophie tire sa valeur de son incertitude même (Russell)

 

211 Les questions philosophiques sont plus essentielles que les réponses (JASPERS)

 

212 La philosophie n'est que la résolution… de regarder naïvement en soi et autour de soi (Bergson)

 

213 Philosopher revient à ceci : se comporter à l'égard de l'univers comme si rien n'allait de soi (Jankélévitch)

 

214 La philosophie n'existe, ne se justifie par le caractère valable de ses solutions mais par l'aspect inexorable de ses problèmes (ORTEGA Y GASSET)

 

215 L'être demeure extérieur à l'esprit (Kant)

 

216 Dire que Dieu existe ce serait lui accorder la même réalité qu'à un objet quelconque des sens, une réalité inférieure, égale à celle qui appartient aux objets proprement dits de la pensée (LAGNEAU)

 

217 Il est inutile de contester que la philosophie boite. Elle habite l'histoire et la vie, mais elle voudrait s'installer en leur centre, au point où elles sont avènement, sens naissant (Merleau-Ponty)

 

218 Le progrès résulte justemen ót de la routine (Alain)

 

219 Dans quelles conditions concrètes le progrès technique peut-il aboutir à un progrès moral, c'est-à-dire à l'accession d'un nombre toujours plus grand d'individus à la dignité personnelle, à l'épanouissement de leurs virtualités physiques et spirituelles, à leur culture? (FRIEDMANN)

 

220 Un degré supérieur de l'existence, celui de la beauté (HUYGHES)

 

221 Ce n'est pas la représentation d'une belle chose, mais la belle représentation d'une chose (Kant)

 

222 Un peintre n'est pas d'abord un homme qui aime les figures et les paysages. C'est un homme qui aime les tableaux (MALRAUX)

 

223 L'art est un anti-destin (MALRAUX)

 

224 La beauté est une promesse de bonheur (STENDHAL)

 

225 Les valeurs suprêmes sont des défenses de l'homme (MALRAUX)

 

226 Les valeurs déclinent lorsqu'elles cessent d'être salvatrices (MALRAUX)

 

227 Chacun des chefs-d'œuvres est une purification du monde (MALRAUX)

X

228 La beauté, c'est-à-dire la justesse, la proportion et l'ordre (BOSSUET)

229 L'art vole autour de la vérité mais avec la volonté bien arrêtée de ne pas se brûler (KAFKA)

 

230 L'art est l'antithèse directe de la démocratie (Georges MORE)

 

231 Les grandes œuvres d'art ne sont grandes que parce qu'elles sont accessibles et compréhensibles à tous (TOLSTOÏ)

 

232 Les vraies beautés de la nature doivent beaucoup aux peintres (Alain)

 

233 Un coucher de soleil admirable, en peinture, n'est pas un beau coucher de soleil, mais le coucher de soleil d'un grand peintre &emdash; comme un beau portrait n'est pas d'abord le portrait d'un beau visage (MALRAUX)

 

234 L'art ne peut être appelé beau que si, tout en nous laissant conscients qu'il est de l'art, il nous offre pourtant l'aspect de la nature (Kant)

 

235 Fait capital et d'une immense portée, une conception anthropomorphique de Dieu nous est à la fois philosophiquement interdite et religieusement nécessaire (Edouard LE ROY)

 

236 La mort du père est la naissance de Dieu (FREUD)

 

237 Dieu? Je n'ai pas besoin de cette hypothèse (LAPLACE)

 

238 Il faut que nous naissions coupables &emdash; ou Dieu serait injuste (Pascal)

 

239 Le Diable n'est que l'oisiveté de Dieu (Nietzsche)

 

240 La seule excuse de Dieu c'est qu'il n'existe pas (STENDHAL)

 

241 Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé (Pascal)

 

242 L'idée de Dieu fut jusqu'à présent la plus grande objection contre l'existence. Nous nions Dieu… par là seulement nous sauvons le monde (Nietzsche)

 

243 Athéisme, signe de force d'esprit mais jusqu'à un certain degré seulement (Pascal)

 

244 Dieu n'est pas ce qu'est l'homme, l'homme n'est pas ce qu'est Dieu (Feuerbach)

 

245 Il faut donc démontrer que cette division de l'homme de Dieu, est une scission de l'homme et de s øa propre essence (Feuerbach)

246 La conscience de l'infini n'est rien d'autre que la conscience de l'infini de la conscience (Feuerbach)

 

247 Toutes les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées (Descartes)

 

248 Savoir, c'est savoir qu'on sait (Alain)

 

249 La conscience est toujours implicitement morale et l'immoralité consiste toujours à ne pas vouloir penser qu'on pense et à ajourner le jugement intérieur (Alain)

 

250 Une diminution de l'hypocrisie et un accroissement de la connaissance de soi-même ne peuvent avoir que de bons résultats, notamment sur le plan de la tolérance, car on n'est que trop disposé à reporter sur autrui le tort et la violence que l'on fait à sa propre nature (JUNG)

 

251 Toute conscience signifie choix (Bergson)

 

252 Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous les enseignements de la vie et de l'histoire, de s'inscrire en faux contre cet adage? (FREUD)

 

253 L ¤a civilisation d'aujourd'hui donne clairement à entendre qu'elle admet les relations sexuelles à l'unique condition qu'elles aient pour base l'union indissoluble et contractée une fois pour toutes, d'un homme et d'une femme… Seuls les débiles ont pu s'accommoder d'une si large emprise sur leur liberté sexuelle (FREUD)

 

254 La psychanalyse n'expliquera de l'homme que ce qu'il y a en lui de moins humain (DALBIEZ)

 

255 Le matérialisme, c'est l'explication du supérieur par l'inférieur (Comte)

 

256 Dans une façon de voir se projette une façon d'être (DELAY)

 

257 Il y a deux types humains différents, dont l'un s'attache davantage à l'objet qu'à lui-même et l'autre davantage à lui-même qu'à l'objet (JUNG)

 

258 La gloire, deuil éclatant du bonheur (Mme de STAËL)

 

259 L'enfant est le père de l'homme (WORDSWORTH)

 

260 Ce que nous désirons c'est désirer et être désiré (Hegel)

 

261 Quand on ne croit pas manquer d'une chose, on ne la désire pas (Platon)

 

262 On juge qu'une chose est bonne parce qu'on y tend par le désir (Spinoza)

 

263 L'amitié la plus désintéressée n'est qu'un commerce où notre amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner (la Rochefoucauld)

 

264 Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois (la Rochefoucauld)

 

265 La reconnaissance n'est qu'une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits (la Rochefoucauld)

 

266 L'intérêt parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé (la Rochefoucauld)

 

267 Quand vous m'aimez vous pensez à vous, quand vous me haïssez, vous pensez à moi (JOUHANDEAU)

 

268 Il s'en faut bien que nous connaissions toutes nos volontés (la Rochefoucauld)

 

269 L'homme croit souvent se conduire comme il est conduit (la Rochefoucauld)

 

270 L'amour propre ne s'arrête sur les objets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs pour en tirer ce qui lui convient (la Rochefoucauld)

 

271 L'hypocrisie n'est qu'un hommage du vice à la vertu (la rouchefoucauld)

 

272 L'amour-propre corrompt la raison (la Rochefoucauld)

 

273 L'ignorance a ceci de terrible que quand on n'a ni beauté, ni bonté, ni science, on croit en posséder suffisamment (Platon)

 

274 L'homme n'aime que ses penchants, non ce vers quoi il penche (Nietzsche)

 

275 Les souplesses de l'amour-propre ne se peuvent représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses et ses raffinements ceux de la chimie (la Rochefoucauld)

 

276 Le désir fleurit, la possession flétrit toute chose (PROUST)

 

277 Du seul fait de leur constitution, les hommes plaignent leurs semblables malheureux, pour les envier au contraire lorsqu'ils les voient heureux; et ils sont plus enclins à la vengeance qu'au pardon (Spinoza)

 

278 Un honnête homme a le droit d'être amoureux comme un fou, non comme un sot (la rouchefoucauld)

 

279 La passion est l'émotion pensée c'est-à-dire prévue, attendue, désirée, redoutée (Alain)

 

280 Mieux vaut obéir sciemment à ses passion ðs qu'avilir sa raison à les justifier (Jean ROSTAND)

 

281 La sagesse fait durer, les passions font vivre (CHAMFORT)

 

282 L'amour refuse le temps, affirme que le passé n'est pas mort, que l'absent est présent; il se trompe d'objet, se montre incapable de saisir les êtres dans leur actuelle particularité, dans leur essence individuelle (ALQUIÉ)

 

283 On n'aime plus personne, dès qu'on aime (PROUST)

 

284 Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie (Descartes)

 

285 Un homme sans passions serait un roi sans sujets (VAUVENARGUES)

 

286 La passion se présente plutôt comme l'appétit de sensations inconnues que comme le désir de renouveler d'anciennes expériences (PRADINES)

 

287 Celui qui subit la passion ne peut croire qu'elle vient de lui et la considère comme une force étrangère (DUGAS)

 

288 J'entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde (ELUARD)

 

289 Les sentiments sont des régulateurs de l'action (JANET)

 

290 Parmi toutes les pensées de l'âme les passions sont celles qui l'agitent et l'ébranlent le plus fort (Descartes)

291 Les passions, à leur tour, tirent leur origine de nos besoins et leur progrès de nos connaissances (Rousseau)

 

292 Qui sait le plus éloquemment ou le plus subtilement censurer l'impuissance de l'âme humaine est tenu pour divin (Spinoza)

 

293 La passion est ce mouvement par lequel, refoulant tous les autres intérêts ou buts, l'individualité tout entière se projette sur un objectif avec toutes les fibres intérieures de son vouloir et concentre dans ce but ses forces et tous ses besoins (Hegel)

 

294 Tous les préjugés que j'entreprends de signaler ici dépendent d'un seul : les hommes supposent communément que toutes les choses naturelles agissent comme eux-mêmes, en vue d'une fin (Spinoza)

 

295 Savoir qu'on erre ne supprime pas l'erreur (Nietzsche)

 

296 Il arrive que l'homme considère des êtres de raison comme des choses qui existent réellement dans la nature (Spinoza „)

 

297 Les hommes, en toute bonne foi, ont une tendance à déformer leurs pensées et leurs actions dans le sens qui correspond aux intérêts du groupe social dont ils font partie (GOLDMANN)

 

298 La métaphysique est un champ de bataille où il n'y a ni vainqueur, ni vaincu (KANT)

 

299 L'astronome ne peut empêcher que la lune ne lui paraisse plus grande à son lever, bien qu'il ne soit pas trompé par cette apparence (KANT)

 

300 Si donc on peut dire justement que les sens ne trompent pas, ce n'est point parce qu'ils jugent toujours exactement, c'est parce qu'ils ne jugent pas du tout (KANT)

 

301 Mythe est le nom de tout ce qui n'existe et ne subsiste qu'ayant la parole pour cause (VALÉRY)

 

302 Si tu veux comprendre les autres, regarde dans ton propre cœur. Mais si tu veux te comprendre toi-même, regarde comment se comportent les autres (SCHILLER)

 

303 Même si l'être-là est seul, il est être-au-monde-avec-autrui (HEIDEGGER)

 

304 On ne possède éternellement que ce qu'on a perdu (IBSEN)

305 Tout le monde se plaint de sa mémoire, jamais de son jugement (LA ROCHEFOUCAULD)

 

306 L'oubli est une force et la manifestation d'une santé robuste (NIETZSCHE)

 

307 On ne se souvient pas des choses. On ne se souvient que de soi-même (ROYER-COLLARD)

308 Le souvenir vivant ne doit pas être désolidarisé de l'existence personnelle dont il porte témoignage (GUSDORF)

 

309 C'est moi qui ai fait cela, dit la mémoire, il est impossible que je l'aie fait, dit mon orgueil… Finalement c'est la mémoire qui cède (NIETZSCHE)

 

310 Le passé ne se conserve pas, on le reconstruit à partir du présent (HALBWACHS)

 

311 Si je veux me préparer un verre d'eau sucrée, j'ai beau faire, je dois attendre que le sucre fonde (BERGSON)

 

312 L'étendue est la marque de ma puissance. Le temps est la marque de mon impuissance (LAGNEAU)

 

313 Il faut quitter la vie comme Ulysse quitta Nausicaa, en la bénissant et non amoureux d'elle (NIETZSCHE)

 

314 La vie est l'ensemble des forces qui résistent à la mort (BICHAT)

 

315 Celui qui connaît que Dieu est cause de tristesse éprouve de la joie (SPINOZA)

 

316 Après la mort tout finit, même la mort (SENEQUE)

 

317 Comme si le "on" qui n'est personne pouvait mourir! (HEIDEGGER)

 

318 Ce n'est pas ma mort qui me préoccupe, mais la morts des autres, la mort de ceux que j'aime (MARCEL)

 

319 Dès qu'un homme est né, il est assez vieux pour mourir (HEIDEGGER)

 

320 L'éternité ne sera pas trop longue pour regretter la perte de temps si nous en avons abusé (FENELON)

 

321 Seul l'homme meurt, l'animal périt (HEIDEGGER)

 

322 Le plaisir est le commencement et la fin de le vie heureuse (ÉPICURE)

 

323 Mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver inconsciemment à la mort (PASCAL)

 

324 La pensée abstraite est la pensée dans laquelle il n'y a pas de sujet pensant (KIERKEGAARD)

325 Il n'y a jamais déterminisme absolu et jamais choix absolu, jamais je ne suis chose et jamais conscience nue (MERLEAU-PONTY)

 

326 L'homme n'est qu'un nœud de relations (MERLEAU PONTY)

 

327 D'un côté l'homme est une partie du monde, de l'autre il est conscience constituante du monde (MERLEAU-PONTY)

 

328 Tout engagement est ambigu, puisqu'il est à la fois l'affirmation et la restriction d'une liberté (MERLEAU-PONTY)

 

329 Une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes et non sur ce qui leur est fourni (SAINT-EXUPÉRY)

 

330 Les hommes font l'histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font (ARON)

 

331 Vouloir que l'histoire ait un sens, c'est inviter l'homme à maîtriser sa nature et à rendre conforme à la raison l'ordre de la vie en commun (ARON)

 

332 Le langage est une manière pour le corps humain de vivre et de célébrer le monde (MERLEAU-PONTY)

 

333 Le langage reproduit le monde, mais en le soumettant à son organisation propre (BENVENISTE)

 

334 Nos pensées naissent tout habillées (WILDE)

 

335 Ce silence est bruissant de paroles, cette vie intérieure est un langage intérieur (MERLEAU-PONTY)

 

 

336 La pensée n'est rien d'intérieur, elle n'existe pas hors du monde et des mots (MERLEAU-PONTY)

 

337 Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie (HEGEL)

 

338 En réalité l'animal obéit à la parole parce qu'il a été dressé à la reconnaître comme signal, mais il ne saura jamais l'interpréter comme symbole (BENVENISTE)

 

339 L'invention exige un dixième d'inspiration, neuf dixièmes de transpiration (EMERSON)

340 Les utopies sont comme des enveloppes de brume sous lesquelles s'avancent des idées réalisables (RUYER)

 

341 La raison a beau crier, l'imagination a établi dans l'homme une seconde nature (PASCAL)

 

342 Qui ne voudrait suivre que la raison serait fou prouvé (PASCAL)

 

343 L'imagination dispose de tout; elle fait la beauté, la justice et le bonheur, qui est le tout du monde (PASCAL)

 

344 Voilà à peu près les effets de cette faculté trompeuse qui semble nous être donnée exprès pour nous induire à une erreur nécessaire (PASCAL)

 

345 Les faits son faits (LE ROY)

 

346 Le jugement e Þst une décision mentale par laquelle nous arrêtons de façon réfléchie le contenu d'une croyance et nous le posons à titre de vérité (LALANDE)

 

347 Il nous est toujours libre de nous empêcher d'admettre une vérité évidente (DESCARTES)

 

348 L'idéal moral ne prend vie que dans l'action et au contact de ceux qui agissent (RAUH)

 

349 C'est à travers une façon de vivre qu'on opte pour une façon de penser (JOLY)

 

350 L'idéal moral ne se prouve pas mais s'éprouve dans la rue, la vie, la bataille, au jour le jour (RAUH)

 

351 Le fanatisme est une surcompensation du doute (JUNG)

 

352 Nous songeons que les idées n'ont la vie que si l'esprit la leur conserve, en les jugeant toujours, c'est-à-dire en se tenant plus haut (LAGNEAU)

 

353 Certitude, servitude (Jean ROSTAND)

 

354 Ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou (NIETZSCHE)

 

355 On peut convaincre les autres par ses propres raisons, mais on ne les persuade que par les leurs (JOUBERT)

 

356 L'erreur est un des temps de la dialectique qu'il faut nécessairement traverser. Elle suscite des enquêtes plus précises, elle est l'élément moteur de la connaissance (BACHELARD)

 

357 Le jugement affirme une vérité de vérités (LAGNEAU)

 

358 L'idée, produit de la conception, est à la fois la matière de l'entendement et le dernier produit de son activité (LAGNEAU)

 

359 Les jugements portent sur des jugements résumés (LAGNEAU)

 

360 L'idée est donc la représentation inférieure, abstraite, sur laquelle le jugement porte, et qu'il réalise en l'analysant (LAGNEAU)

 

361 Ce rond parfait n'existe pas et n'existera jamais; c'est ce que j'appelle une Idée (ALAIN)

 

362 Il n'y a de science que de ce qui est caché (BACHELARD)

 

363 Un instrument, c'est une théorie matérialisée (BACHELARD)

 

364 L'histoire de l'Égypte est l'histoire de l'égyptologie (BRUNSCHVICG)

 

365 Une science a l'âge de ses instruments de mesure (BACHELARD)

 

366 La science n'est pas le pléonasme de l'expérience (BACHELARD)

 

367 L'esprit scientifique doit se former en se réformant (BACHELARD)

 

368 On peut concevoir une barbarie savante, on ne saurait concevoir une barbarie lettrée (LA HARPE)

 

369 Si elle n'a pas réponse à tout, peut-être la science, du moins, aura-t-elle remède à tout (J. Rostand)

 

370 On est curieux qu'autant qu'on est instruit (LAVOISIER)

 

371 Expliquer c'est identifier (MEYERSON)

 

372 La question du déterminisme ne se pose pas pour le physicien de la même façon que pour le philosophe. Le physicien n'a pas, en effet, à l'envisager sous son aspect général et métaphysique (L. de BROGLIE)

373 On expérimente avec sa raison (C. BERNARD)

 

374 La logique est la science de la preuve (STUART MILL)

 

375 Il est impossible que la raison n'ait pas raison (COURNOT)

 

376 La vérité ne se conçoit que par la vie sociale; sans elle la pensée ne dépasserait jamais les fins de l'individu (GOBLOT)

 

377 Connaître, c'est mesurer (BRUNSCHVICG)

 

378 Ce n'est pas la cigüe, c'est le syllogisme qui tue Socrate (VALÉRY)

 

'379 Une démonstration n'est pas autre chose que la résolution d'une vérité en d'autres vérités déjà connues (LEIBNIZ)

 

380 En logique, il n'y a pas de morale (CARNAP)

 

381 Ce qu'il y a d'incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible (EINSTEIN)

 

382 Ce dont on ne peut parler, il faut le taire (WITTGENSTEIN)

 

383 Les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quelque science que ce soit dans un ordre absolument accompli (PASCAL)

 

384 On voit un être vivant naître, se développer et mourir sans que cependant les conditions du monde extérieur changent pour l'observateur (C. BERNARD)

 

385 Le hasard ne favorise que des esprits préparés (PASTEUR)

 

386 Il n'est pas certain qu'un organisme, après ablation d'un organe (ovaire, estomac, rein), soit le même organisme diminué d'un organe. Il y a tout lieu de croire au contraire que l'on a désormais affaire à un tout autre organisme difficilement superposable, même en partie, à l'organisme témoin ( ÂCANGUILHEM)

 

387 La vie c'est la mort (C. BERNARD)

 

388 Il est sûr que c'est le propre de la science de n'avoir prise que sur des mécanismes (BOUNOURE)

 

389 L'évolution est un événement auquel personne n'a assisté et que l'on ne peut reproduire (J. ROSTAND)

 

390 La mutation des gènes n'est que la mutilation des gènes (NIELSEN)

 

391 Toute idéologie est mauvaise conseillère pour le savant… La dictature d'une doctrine quelle qu'elle soit fait entrave au développement de la vérité (J. ROSTAND)

 

392 Les êtres vivants sont des objets doués de projets (MONOD)

 

393 Rien n'est plus bête qu'un fait (C. BERNARD)

 

394 La biologie est la moins mathématisable des sciences parce que la plus lourde en contenu concret (J. ROSTAND)

 

395 Un être organisé n'est pas simplement une machine, car celle-ci n'est qu'une force motrice, mais il possède en soi une force formatrice, telle qu'il la communique aux matériaux qui ne l'ont pas (KANT)

 

396 Le physiologiste ne peut séparer une partie d'un être vivant s Âans que cette partie ait perdu, dès ce moment, la principale de ses caractéristiques qui est de vivre avec l'ensemble (C. BERNARD)

 

397 L'importance du milieu intérieur s'accroît quand on s'élève dans l'échelle des vivants (C. BERNARD)

 

398 La structure de l'organisme total est subordonnée aux fonctions de la partie (C. BERNARD)

 

 

399 Le déterminisme dans les phénomènes de la vie est non seulement un déterminisme très complexe, mais c'est en même temps un déterminisme qui est harmonieusement hiérarchisé (C. BERNARD)

 

400 La vie c'est la création (C. BERNARD)

 

401 Nous ne pouvons aller au-delà du comment, c'est-à-dire au-delà de la cause prochaine ou des conditions d'existence (C. BERNARD)

 

402 Il n'y a pas une organisation du vivant, mais une série d'organisations emboîtées les unes dans les autres comme des poupées russes (JACOB)

 

403 Ce qu'a démontré la biologie, c'est qu'il n'existe pas d'entité métaphysique pour se cacher derrière le mot de vie (JACOB)

 

404 L'être vivant représe Ìnte bien l'exécution d'un dessein, mais qu'aucune intelligence n'a conçu. Il tend vers un but, mais qu'aucune volonté n'a choisi. Ce but, c'est de préparer un programme identique pour la génération suivante. C'est de se reproduire (JACOB)

 

405 La biologie moderne a l'ambition d'interpréter les propriétés de l'organisme par la structure des molécules qui le constituent. En ce sens, elle correspond bien à un nouvel âge du mécanisme (JACOB)

 

406 Un document est un vieux papier que la dent des rats, la négligence des héritiers, les flammes de l'incendie… les exigences de la chaise percée ont épargné par hasard (ALAIN)

 

407 On ne peut connaître personne sinon par l'amitié (SAINT AUGUSTIN)

 

408 Le bon historien n'est d'aucun temps ni d'aucun lieu (FENELON)

 

409 Pour chaque cas particulier il faut une explication particulière (SEIGNOBOS)

 

410 L'humanité se compose plus de morts que de vivants (COMTE)

 

411 La chose s'oppose à l'idée comme ce qu'on connaît du dehors à ce qu'on connaît du dedans (DURKHEIM)

 

412 La statistique est la forme la plus raffinée du mensonge (DISRAELI)

 

413 Les faits sociaux ne sont pas des choses (MONNEROT)

 

414 Ce que nous appelons des institutions nécessaires ne sont souvent que des institutions auxquelles nous sommes habitués (TOCQUEVILLE)

 

415 L'insensé lui-même n'est jamais qu'une ruse du sens, une manière pour le sens de venir au jour (FOUCAULT)

 

416 Au nom même de l'esprit scientifique, il faut reconnaître cette impossibilité d'expliquer ou de comprendre exhaustivement un homme, car il ne pourra jamais être tenu compte de toutes les données de sa vie biologique, sociale et surtout psychologique (P. FRAISSE)

 

417 Le comprendre est une découverte du Je dans le Tu. Cette identité dans le Je, dans le Tu, dans chaque sujet d'une communauté, dans chaque système de culture, finalement dans la totalité de l'esprit et de l'histoire universelle, rend possible l'action d'ensemble des différents résultats dans les science de l'esprit (DILTHEY)

 

418 L'homme ne se connaît que ¯ dans l'histoire, non par l'introspection (DILTHEY)

 

419 Les sciences de l'esprit se distinguent tout d'abord des sciences de la nature en ce que celles-ci ont pour objet des faits qui se présentent à la conscience comme des phénomènes donnés isolément et de l'extérieur, tandis qu'ils se présentent à nous-mêmes de l'intérieur comme une réalité et un ensemble vivant originaliter (DILTHEY)

 

420 Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique (DILTHEY)

 

421 Les méthodes au moyen desquelles nous étudions la vie mentale, l'histoire et la société sont très différentes de celles qui ont conduit à la connaissance de la nature (DILTHEY)

 

422 Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes, et soi-même à son juste prix? Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini? (PASCAL)

 

423 Car enfin , qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout (PASCAL)

 

424 Une tuile tombe d'un toit, soit que je passe ou que je ne passe pas dans la rue; il n'y a nulle connexion, nulle solidarité entre les causes qui amènent la chute de la tuile et celles qui m'ont fait sortir de chez moi pour porter une lettre à la poste. La tuile me tombe sur la tête et voilà le vieux logicien définitivement hors service : c'est une rencontre fortuite ou qui a lieu par hasard (COURNOT)

425 L'univers se tient tout d'une pièce comme un océan (LEIBNIZ)

 

426 Le marxisme et la psychanalyse sont hors de la science précisément en ce que et parce que, par la structure même de leurs théories, ils sont irréfutables (MONOD)

 

427 Le nihilisme n'est pas une cause, mais une suite logique de la décadence (NIETZSCHE)

 

428 Les valeurs détachées du réel, idéalistes, au lieu de dominer et de conduire l'action, se tournent contre l'action et la conda Ùmnent (NIETZSCHE)

 

429 En développant toutes les vertus qui profitent au troupeau et en réfrénant les vertus opposées qui seules dominent une race supérieure, plus forte et dominatrice, ils ne développent en l'homme que la bête de troupeau (NIETZSCHE)

 

430 La croyance aux catégories de la raison est la cause du nihilisme, nous avons mesuré la valeur du monde d'après des catégories qui ne s'appliquent qu'à un monde purement fictif (NIETZSCHE)

 

431 La naïveté hyperbolique de l'homme qui se prend pour le sens et la mesure des choses (NIETZSCHE)

 

432 Le besoin métaphysique n'est pas la source des religions, comme le veut Schopenhauer; il n'est qu'un rejeton de ces religions (NIETZSCHE)

433 Vivre de telle sorte que vivre n'a plus aucun sens, cela va donner le "sens" de la vie (NIETZSCHE)

 

434 Ma vie se précipite à chaque moment dans des choses transcendantes, elle se passe tout entière au dehors (MERLEAU-PONTY)

 

435 C'est en communiquant avec le monde que nous communiquons indubitablement avec nous-mêmes (MERLEAU-PONTY)

 

436 Notre avenir n'est pas fait seulement de conjectures et de rêveries. En avant de ce que je vois et de ce que je perçois, il n'y a sans doute plus rien de visible, mais mon monde se constitue par des lignes intentionnelles qui tracent d'avance au moins le style de ce qui va venir (MERLEAU-PONTY)

 

437 On sait la harassante fuite en arrière de la pensée en quête de la première vérité et, plus fondamentalement encore, de la recherche d'un point de départ radical qui pourrait ne pas être du tout une première vérité (RICŒUR)

 

438 A tous ceux qui ne veulent pas penser sans penser aussitôt que c'est l'homme qui pense… on ne peut opposer qu'un rire philosophique (FOUCAULT)

 

439 De même que la lumière se montre soi-même et montre avec soi les ténèbres, ainsi la vérité est à elle-même son critérium et elle est aussi celui de l'erreur (SPINOZA)

 

440 Les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies (DESCARTES)

 

441 Il y a quelque difficulté à bien remarquer quelles sont celles que nous concevons distinctement (DESCARTES)

442 Descartes a logé la vérité à l'hostellerie de l'évidence mais il a négligé de nous en donner l'adresse (LEIBNIZ)

 

443 Ce qui est vrai c'est ce qui est avantageux de n'importe quelle manière (JAMES)

 

444 Dieu est une chose dont on se sert (JAMES)

 

445 La vérité de l'homme c'est ce qui fait de lui un homme (SAINT-EXUPÉRY)

 

446 L'homme ne connaîtra de l'univers que ce qui s'humanisera pour entrer en lui, il ne connaîtra jamais que l'humanité des choses (A. FRANCE)

 

447 Or l'expérience m'apprend, il est vrai, ce qui existe et comment cela existe, mais jamais que cela doive nécessairement exister ainsi et non autrement (KANT)

 

448 Il n'y a pas de vérité possible pour le pur empirisme (KANT)

 

449 Le vrai est ce qui a été vérifié (JAMES)

 

450 La vérité est une valeur vitale comme la richesse, la force ou la santé (JAMES)

 

451 Posséder des pensées vraies, c'est, à proprement par Ìler, posséder un précieux instrument pour l'action (JAMES)

 

452 L'homme est le berger de l'Être (HEIDEGGER)

 

453 Le travail va rendre familier ce qui était étranger, donner forme humaine à ce qui était informe (LACROIX)

 

454 En même temps que signe d'aliénation, le travail est remède à cette aliénation (LACROIX)

 

455 C'est la modification utile du milieu extérieur opérée par l'homme (COMTE)

 

456 Le travail c'est toujours l'esprit pénétrant difficilement dans une matière et la spiritualisant (LACROIX)

 

457 Tout travail travaille à faire un homme en même temps qu'une chose (MOUNIER)

 

458 Il faut rendre l'homme aussi régulier que le ciel (COMTE)

 

459 Le travail t'oblige d'épouser le monde (SAINT-EXUPÉRY)

 

460 L'homme fait des outils parce qu'il est raisonnable et c'est là, la première expression de sa volonté (HEGEL)

 

461 Chaque produit, sortant des mains du producteur, se trouve d'avance frappé d'hypothèque par la société (PROUDHON)

 

462 Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser (BAUDELAIRE)

 

463 Tous les gens d'affaires accroissent indéfiniment leur richesse en espèces monnayées (ARISTOTE)

 

464 Que ce soit le besoin qui maintienne la société, comme une sorte de lien, en voici la preuve : que deux personnes n'aient pas besoin l'une de l'autre, ou qu'une seule n'ait pas besoin de l'autre, elles n'échangent rien (ARISTOTE)

 

465 Chaque objet de propriété a deux usages qui tous deux appartiennent à cet objet comme tel, mais non de la même manière. L'un est propre à l'objet, l'autre ne l'est pas; une chaussure, par exemple, peut être soit portée soit échangée (ARISTOTE)

 

466 Aussi a-t-on parfaitement raison d'exécrer l'usure, parce qu'alors les gains acquis proviennent de la monnaie elle-même et non plus de ce pourquoi on l'institua (ARISTOTE)

 

467 La production crée donc le consommateur (MARX)

 

468 Il faut s'entendre pour ne plus commettre, ni subir l'injustice (PLATON)

 

469 La raison et la loi impliquent la résistance et s'opposent à la souffrance qui entraîne l'affliction (PLATON)

 

470 L'étonnement poussa les premiers penseurs aux spéculations philosophiques (ARISTOTE)

 

471 La sagesse est la science la plus éloignée du sensible (ARISTOTE)

 

472 Celui qui n'admire plus a conscience de la liberté spirituelle et de l'universalité à laquelle participent les objets (HEGEL)

 

473 Parfois, sans avoir de savoir scientifique, on peut avoir plus de sens pratique que ceux qui sont savants. (ARISTOTE)

 

474 Si on a la raison sans l'expérience, et si l'on connaît le vérité générale tout en ignorant les cas particuliers qu'elle renferme, on commettra beaucoup d'erreurs thérapeutiques (ARISTOTE)

 

475 Les empiriques savent le quoi et non le pourquoi, tandis que les autres connaissent le pourquoi et la cause (ARISTOTE)

 

476 Dans les arts qui atteignent à la plus grande exactitude, nous accordons le savoir à l'art, qualifiant par exemple Phidias de savant sculpteur et Polyclète de savant bronzier (ARISTOTE)

 

477 Car il est évident que les premiers termes que l'on voudrait définir, en supposeraient de précédents pour servir à leur explication, et que de même les premières propositions qu'on voudrait prouver en supposeraient d'autres qui les précédassent (PASCAL)

 

478 Il faut être saisi de respect devant la capacité infinie de l'entendement à dissocier le concret en ses déterminations abstraites et à saisir la profondeur des différences, ce qui est la seule condition pour pouvoir les dépasser (HEGEL)

 

479 L'observation est le point d'appui de l'esprit qui m raisonne, et l'expérience le point d'appui de l'esprit qui conclut, ou mieux encore le fruit d'un raisonnement juste appliqué à l'interprétation des faits (HEGEL)

 

480 En toute connaissance et toute recherche, la plus basse comme la plus relevée, il y a deux façons de la posséder, dont on peut bien appeler l'une la science de la chose, et l'autre culture. C'est dans la manière d'un esprit cultivé de pouvoir discerner de façon pertinente ce qui est bien ou mal exposé dans un compte rendu scientifique (ARISTOTE)

 

481 Des dieux je n'ai rien à savoir, ni s'ils sont ni s'ils ne sont pas, ni quels ils sont d'aspect : trop de choses empêchent de le savoir, l'absence d'évidence et la brièveté de la vie de l'homme (PROTAGORAS)

 

482 Car une hirondelle ne fait pas le printemps, et un seul beau jour ne le fait pas non plus : ainsi ni à la béatitude ni au bonheur ne suffisent un seul jour ni un peu de temps (ARISTOTE)

 

483 Les vertus morales ont quelque chose de plus permanent que les vertus intellectuelles, à cause de leur constant exercice en tout ce qui concerne la vie commune; mais il est manifeste que les objets des disciplines scientifiques, qui sont nécessaires et immuables, sont plus permanents que les objets des vertus morales, qui ne sont que quelques actions particulières possibles (THOMAS D'AQUIN)

484 Rien n'empêche que des mêmes choses dont traitent les disciplines philosophiques, selon qu'elles sont connaissables par la lumière de la raison naturelles, ne puisse aussi traiter une autre science, selon qu'elles sont connues par la lumière de la révélation divine (THOMAS D'AQUIN)

 

485 Bien qu'il nous suffise à nous autres qui sommes fidèles, de croire par la Foi qu'il y a un Dieu, et que l'âme humaine ne meurt point avec le corps; certainement il ne semble pas pos …sible de pouvoir jamais persuader aux Infidèles aucune Religion, ni quasi même aucune vertu Morale, si premièrement on ne leur prouve ces deux choses par raisons naturelles (DESCARTES)

 

486 Je ne puis pardonner à Descartes : il voudrait bien, dans toute la philosophie, se pouvoir passer de Dieu; mais il n'a pu s'empêcher de lui donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement; après cela, il n'a plus que faire de Dieu (PASCAL)

 

487 Et voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet et l'homme sans lumière abandonné à lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l'univers sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi comme un homme qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable et qui s'éveillerait sans connaître et sans moyen d'en sortir. Et sur cela j'admire comment on n'entre point en désespoir d'un si misérable éta  t (PASCAL)

 

488 Il faut savoir douter où il faut, assurer où il faut, en se soumettant où il faut. Qui ne fait ainsi n'entend pas la force de la raison (PASCAL)

 

489 Il se sentent bien assez occupés, ces braves gens, soit par leurs affaires, soit par leurs plaisirs, pour ne rien dire de la "patrie" et du journal et des "obligations familiales" : il semble qu'ils n'aient plus de temps de reste pour la religion, d'autant plus qu'ils ne voient pas clairement qu'il s'agit d'une affaire de plus ou d'un plaisir de plus &emdash; car il n'est pas possible, se disent-ils, qu'on aille à l'église à seule fin de gâcher sa belle humeur (NIETZSCHE)

 

490 Si dans la pratique l'homme a remplacé le chrétien, il faut également que dans la théorie l'essence humaine remplace l'essence divine (FEUERBACH)

 

491 Pour enrichir Dieu, l'homme doit se faire pauvre; pour que Dieu soit tout, l'homme doit n'être rien (FEUERBACH)

 

492 Le dépassement de la religion, bonheur illusoire du peuple, est l'exigence de son bonheur réel. L'exigence du renoncement à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc en son noyau la critique de la vallée de larmes dont la religion est le nimbe (MARX)

 

493 La misère religieuse est d'un côté l'expression de la misère réelle et d'un autre côté protestation contre cette misère. La religion est le soupir de la créature opprimée, le sentiment d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit d'un monde sans esprit. La religion est l'opium du peuple (MARX)

 

494 Le philosophe tel que nous le comprenons, nous autres libres esprits &emdash; comme l'homme de la responsabilité la plus étendue, conscient du développement général de l'humanité : ce philosophe se servira des religions pour son œuvre de sélection et d'éducation (NIETZSCHE)

 

495 La religion leur offre en suffisance les impulsions et les expériences qui ouvrent la voie d'une spiritualité plus haute, et font éprouver les sentiments d e la grande victoire sur soi, du silence et de la solitude : l'ascétisme et le puritanisme sont des moyens presque indispensables d'éducation et d'ennoblissement quand une race veut échapper à ses origines plébéiennes pour accéder à la domination et travaille à s'y élever (NIETZSCHE)

 

469 Au total les religions telles qu'elles ont existé jusqu'à maintenant, c'est-à-dire dans les conditions de la souveraineté, figurent parmi les causes principales qui maintiennent le type "homme" à un degré inférieur &emdash; elles conservent beaucoup trop de ce qui devrait périr (NIETZSCHE)

 

470 Le tournant de l'histoire sera le moment où l'homme prendra conscience que le seul Dieu de l'homme est l'homme même. Homo homini Deus! (FEUERBACH)

 

471 L'athéisme pratique est le lien des États; les hommes sont dans l'État parce que sans État ils sont sans Dieu &emdash; l'État est le Dieu des hommes, et peut prétendre à juste titre au prédicat divin de la "Majesté". Il no "us faut redevenir religieux, la politique doit devenir notre religion (FEUERBACH)

 

472 Il faut que le philosophe introduise dans le texte de la philosophie tout ce que Hegel ravale à l'état de note &emdash; la part de l'homme qui ne fait pas de philosophie, bien plus, qui est hostile à la philosophie, qui combat la pensée abstraite. C'est ainsi seulement que la philosophie pourra devenir une force universelle, sans contradiction, irréfutable et irrésistible (FEUERBACH)

 

473 L'ignorant n'est pas libre, parce qu'il se trouve en présence d'un monde qui est au-dessus et en dehors de lui, dont il dépend, sans que ce monde étranger soit son œuvre et qu'il s'y sente comme chez lui (HEGEL)

 

474 La sagesse : cela paraît, aux yeux du vulgaire, une sorte de fuite (NIETZSCHE)

 

475 Quand la philosophie peint sa grisaille dans la grisaille, une forme de la vie achève de vieillir, et avec du gris sur du gris elle ne se laisse pas rajeunir mais seulement connaître : l'oiseau de Minerve ne prend son vol qu'à la tombée du crépuscule (HEGEL)

 

476 Le monde est plein de dangers, mais aucun n'est plus formidable que l'homme (SOPHOCLE)

 

477 On entend partout répéter l'expression "penser par soi-même", comme si l'on énonçait par là quelque chose de hautement significatif. En fait personne ne peut penser pour un autre, pas plus que manger ou boire pour un autre : cette expression n'est donc qu'un pléonasme (HEGEL)

 

478 Je puis bien, dans la vie et dans la peinture, me passer du Bon Dieu. Mais je ne puis pas, moi souffrant, me passer de quelque chose qui est plus grand que moi, qui est ma vie : la puissance de créer (VAN GOGH)

 

479 Là où il suffit, pour pouvoir, de savoir ce qu'il faut faire, pourvu seulement qu'on connaisse de façon satisfaisante les actions requises, on ne peut parler d'art. Seules les choses dont la connaissance la plus complète ne suffit pas à donner l'habileté nécessaire à les produire, appartiennent à l'art (KANT)

 

48 °0 En conséquence, l'originalité doit être sa première particularité. Mais, puisqu'il peut y avoir aussi une absurdité originale, les produits du génie doivent également être des modèles, c'est-à-dire qu'ils doivent être exemplaires (KANT)

 

481 Juger est en général le pouvoir de penser le particulier comme contenu dans le général. Si le général (la règle, le principe, la loi) est donné, alors le jugement qui implique le particulier dans l'universel est déterminant. Mais si n'est donné que le particulier où doit se trouver le général, alors le jugement est simplement réfléchissant (KANT)

 

482 Agréable signifie pour chacun ce qui lui cause du plaisir; beau, ce qui lui plaît; bon, ce qu'on peut estimer ou approuver, c'est-à-dire ce à quoi on peut donner une valeur objective. L'agréable vaut aussi pour les bêtes sans raison; la beauté, seulement pour les hommes, c'est-à-dire des natures bestiales, mais pourtant raisonnab Ãles; le bon en revanche, pour toute créature raisonnable (KANT)

 

483 Il y a deux sortes de beauté : la beauté libre ou la beauté simplement dépendante. La première ne présuppose aucun concept de ce que doit être l'objet; la seconde présuppose un tel concept ainsi que la détermination de sa perfection d'après lui (KANT)

 

484 Les dessins à la grecque et les rinceaux sur les encadrements ou les papiers peints, etc. , ne signifient rien; ils ne représentent rien, ni aucun objet d'après un concept déterminé, et sont de libres beautés. On peut en dire autant de ce qu'en musique on appelle fantaisies (sans thème) et même de toute la musique sans texte (KANT)

 

485 L'œuvre d'art est donc tout autant l'œuvre de la libre volonté et l'artiste le maître du dieu (HEGEL)

486 L'excitation des couleurs ou la sonorité agréable des instruments peut venir s'ajouter, mais le dessin dans le premier cas et la composition dans le second font l'objet propre du pur jugement de goût (KANT)

 

487 Entre tous les pouvoirs et tous les talents, le goût est précisément celui qui, puisque son jugement n'est pas déterminable par préceptes et concepts, est contraint de fournir au moins des exemples de ce qui dans le progrès de la culture est demeuré le plus longtemps objet d'approbation, afin de ne pas retomber dans la brutalité et la grossièreté des premières recherches (KANT)

 

488 La perfection de l'idée (comme contenu) apparaît aussi bien comme la perfection de la forme; inversement les insuffisances de la forme artistique témoignent d'une insuffisance de l'idée (HEGEL)

 

489 Par elles-mêmes ces formes ne nous disent rien, leur vision immédiate ne procure ni agrément ni apaisement, mais elles exigent de nous de poursuivre à travers elles et au-delà d'elles jusqu'à leur signification, qui serait quelque chose de plus large, de plus profond que ces images (HEGEL)

 

490 Ainsi l'art symbolique cherche cette unité accomplie de la significati ÿon intérieure et de la forme extérieure que l'art classique trouve dans la présentation de l'individualité substantielle dans l'intuition sensible et que l'art romantique dépasse dans sa spiritualité (HEGEL)

 

491 Par cette suffisance à soi, nous ne voulons pas désigner seulement celle de l'individu pris en lui-même, et vivant d'une existence isolée, mais aussi celle de ses parents, de ses enfants, de sa femme et en général de ses amis et de ses concitoyens, car l'homme est par nature un être civil (ARISTOTE)

 

492 S'il est vrai que tout homme souhaite y parvenir, il ne peut cependant dire d'une façon déterminée et cohérente, ce que véritablement il souhaite et veut (KANT)

 

493 On ne peut pas agir d'après des préceptes déterminés, si l'on veut être heureux, mais d'après des conseils empiriques qui recommandent par exemple l'observation d'un régime, la frugalité, la politesse, le retenue, etc. , et dont l'expérience enseigne qu'ils sont en moyenne les plus aptes à procurer æ le bien-être (KANT)

 

494 Fontenelle dit : devant un grand seigneur, je m'incline, mais mon esprit ne s'incline pas. Je puis ajouter : devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, chez qui je perçois une rectitude de caractère que je ne possède pas au même degré, mon esprit s'incline, que je le veuille ou non, et si haut que je porte la tête pour ne pas lui laisser oublier la supériorité de mon rang (KANT)

 

495 Une action faite par devoir tire sa valeur morale, non du but qu'elle doit atteindre, mais de la maxime d'après laquelle elle est décidée : elle ne dépend donc point de la réalité de l'objet de l'action, mais simplement du principe de la volonté, d'après lequel s'accomplit l'action, indépendamment de tout objet de la faculté de désirer (KANT)

 

496 Le sang-froid d'un bandit ne le rend pas seulement plus dangereux, mais aussi p